L’avis de… Marc-Philippe Juilliard, directeur senior en charge de l’assurance chez Fitch Ratings

« En Asie, Axa n’a pas à rougir par rapport à Allianz »

le 15/03/2012 L'AGEFI Hebdo

Quel regard portez-vous sur l’opération d’Axa avec HSBC ?

A défaut d’entraîner des transformations radicales, cette transaction a plusieurs mérites. D’abord, elle s’inscrit dans le cadre de la stratégie du groupe qui cherche à se développer dans les pays émergents. Elle s’accompagne surtout d’un accord de distribution exclusive de dix ans sur six pays qui est plutôt intéressant. Enfin, alors qu’on connaît la frilosité du groupe à l’égard de la bancassurance, on notera la pertinence de la transaction qui lui permet d’accéder à une grande banque sans être exposée à des risques de nature bancaire : le meilleur des deux mondes.

Pourquoi cet intérêt plus fort pour la branche dommages ?

Les opérations réalisées au cours des dernières années, à l’image de la reprise des activités d’ING au Mexique, s’inscrivent déjà dans cette logique. En outre, l’orientation du groupe aujourd’hui consiste à se recentrer sur son métier d’assurance, à savoir revenir vers la prise de risques et, en parallèle, ne pas accroître l’allocation de capital pour les activités d’épargne. Axa a été et reste un grand assureur-dommages. C’est un domaine dans lequel le groupe souhaite intensifier son développement.

Quelle est la situation d’Axa dans les émergents par rapport à ses concurrents ?

En Europe de l’Est, avant l’acquisition de Winterthur, Axa était très en retard face à Allianz ou Generali. Aujourd’hui, le groupe se situe dans la moyenne du marché. En Amérique latine, il semble vouloir mener une politique d’implantations sélectives, n’étant présent qu’au Mexique, et y est donc moins avancé. Enfin, en Asie, depuis la reprise l’an dernier des activités asiatiques d’Axa APH, le groupe a désormais le contrôle de l’ensemble de ses métiers sur différents marchés. Avec l’opération HSBC, Axa complète et renforce sa présence. Il prend de l’avance par rapport à Generali, par exemple, et n’a pas à rougir face à Allianz.

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