Entretien avec... Laurent Quignon, responsable du pôle Economie bancaire à la direction des études économiques de BNP Paribas CIB

« Les efforts ne sont pas directement visibles dans les bilans »

le 27/09/2012 L'AGEFI Hebdo

Comment les banques françaises ajustent-elles leurs besoins de financement ?

On a surtout observé des réductions de taille des portefeuilles via des opérations au coup par coup. Les portefeuilles de trading et, dans une moindre mesure, les grands prêts en dollars des banques de financement et d'investissement (BFI) étant plus faciles à ajuster et à céder, ils ont été les premiers réduits. En même temps, les BFI se sont retrouvées en première ligne parce que les activités de marché qu’elles contiennent sont directement pénalisées par Bâle 2,5. Pour les sujets de liquidité, les banques américaines sont avantagées par rapport à leurs rivales européennes. Elles portent moins d’actifs, notamment à long terme, dans leur bilan : les encours de crédits hypothécaires titrisés via les agences spécialisées qui bénéficient de la garantie de l’Etat demeurent considérables. En outre, les banques américaines ont l’habitude de recourir davantage au marché obligataire pour compenser la faible propension à épargner des ménages américains.

La taille des bilans des banques françaises n’apparaît pas très réduite…

Il faut compter toutefois avec un certain effet d’optique, dû à une meilleure valorisation de certains actifs ou passifs financiers dans les derniers arrêtés, si bien que les efforts des banques françaises pour réduire leur bilan ne sont pas directement visibles. Certaines cessions annoncées ne seront en outre lisibles qu’au second semestre. La gestion des impasses de liquidité (ALM) n’est bien sûr pas exclusive de celle des actifs pondérés. Or sous la pression des politiques et pour suivre la recommandation de l’ABE (l’Autorité bancaire européenne) du 8 décembre dernier, les banques ont dû veiller à ce que le deleveraging ne pénalise pas l’économie européenne. Les activités européennes ont donc été moins affectées par les réductions d’engagements.

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