Dossier La RSE dans les banques

Les DRH ont de la ressource

le 12/01/2012 L'AGEFI Hebdo

Les établissements financiers agissent sur trois leviers : la parité, le handicap et la diversité.

Les directions des ressources humaines (DRH) sont mobilisées autour de la responsabilité sociale et environnementale (RSE), qu’elles veulent traduire à travers des mesures concrètes. Parmi elles figure l’égalité hommes-femmes. Selon le baromètre sur la mixité de Capitalcom, Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole font partie du cercle très fermé des sept entreprises du CAC 40 employant plus de femmes que d'hommes. Et sur l’encadrement, Société Générale et BPCE font là encore figure de bons élèves avec respectivement 42 % et 36 % de femmes cadres. « Notre objectif est d'atteindre 40 % de femmes cadres d'ici à 2014, en mettant l'accent sur les postes de cadres supérieurs et de dirigeants », précise Lydia David, responsable du département RSE chez BPCE. Pour contribuer à percer le plafond de verre, un guide de la mixité sera distribué, et dans les phases finales de recrutement de cadres, il est d’ores et déjà obligatoire de présenter des candidatures masculines et féminines.

Recours aux entreprises du secteur adapté

L’autre priorité affichée en matière de RSE concerne le handicap. Dans ce domaine, toutes les banques ont en ligne de mire le fameux seuil de 6 % de salariés handicapés imposé depuis 2005. Chez LCL, par exemple, le taux d’emploi de personnes handicapées est de 4 %. « Pour nous rapprocher des 6 %, le dernier accord Handicap signé début 2011 prévoit 70 recrutements sur deux ans, dont 25 en CDI, précise Jacky Deschamps, responsable intégration handicap chez LCL. Pour gagner en efficacité sur le 'sourcing' et les processus de prérecrutement, les deux tiers de ces embauches sont réalisées avec le concours de l'association Handiformabanques et du Centre de formation de la profession bancaire. » Les DRH mettent aussi l’accent sur le maintien dans l’emploi des salariés handicapés. En 2011, LCL a traité 110 dossiers d’aides visuelles et auditives, d’accompagnement à la mobilité réduite, etc. Avec le concours des directions achats, les DRH ont aussi accéléré le recours aux entreprises du secteur adapté, un poste qui a représenté près de 3 millions d’euros chez Société Générale en 2011. « La moitié de la gestion du courrier dans nos agences est assurée par ce type d’entreprises, souligne Richard Ozwald, directeur de la diversité, insertion des jeunes et handicap de la banque. Cet investissement vient d'ailleurs d'être récompensé par un trophée décerné par l'Association des paralysés de France. »

La diversité constitue aussi une priorité sociale pour les DRH. Grâce à son opération « Coup de pouce sur l’insertion », Société Générale a embauché en CDI 60 jeunes issus des quartiers populaires qui n’avaient pas le baccalauréat, auxquels il faut ajouter 40 jeunes diplômés parrainés, puis recrutés, dans le cadre de « Nos quartiers ont des talents ». Un « serious game » de sensibilisation pour les managers devrait aussi voir le jour, ainsi qu’un programme intitulé « Capital Filles ». « Nous allons envoyer, dans des lycées situés dans des zones d’éducation prioritaires, des marraines Société Générale afin de sensibiliser les lycéennes aux métiers de la banque et de les accompagner tout au long de leur scolarité, confie Pao Leng Damy, chef de projet diversité. Celles qui poursuivront leurs études après le bac auront la possibilité de signer un contrat en alternance chez nous. » Et pas question d’abandonner « Citizen Act », le jeu d'entreprise RSE de la banque qui a vu doubler le nombre d'équipes inscrites par rapport à la saison 2010. Non contentes de multiplier les initiatives RH, les banques diffusent aussi leur engagement citoyen hors de leurs murs. Chaque année, Société Générale organise en juin une « semaine de la solidarité » qui offre l’occasion aux 160.000 collaborateurs du groupe dans le monde de s’impliquer dans des projets solidaires variés, qui vont de l’aide à l’enfance en détresse en Afrique à du temps consacré bénévolement à des associations caritatives ou sur des chantiers d'insertion pour nettoyer par exemple les berges de la Seine.

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