L'avis de... Andrew Gray, associé, spécialisé dans la banque, au sein de PricewaterhouseCoopers

« Un difficile équilibre pour les banques »

le 03/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Comment qualifieriez-vous le projet Merlin négocié par les banques avec le gouvernement britannique ?

Le projet Merlin constitue un ensemble de règles stipulant à la fois des engagements en matière de prêts aux entreprises et des contraintes en matière de bonus. Son contenu peut ne pas satisfaire tout le monde, mais il est indéniable qu’il traduit une décision volontaire de remettre les choses à plat. Le résultat de cet engagement découle d’un difficile équilibre pour les banques qui doivent à la fois satisfaire leurs actionnaires, leurs salariés et plus largement le gouvernement et l’opinion publique.

Les limitations en matière de bonus ont été vivement critiquées, considérées comme beaucoup trop légères et excluant les traders les mieux payés et les banquiers d’investissement. Est-ce légitime ?

La question des bonus est très émotionnelle. La majorité des gros titres de la presse britannique se concentre en réalité sur une proportion très restreinte du million de salariés qu’emploie le secteur financier outre-Manche. Sans compter que certains établissements ne disposent pas d’activité d’investissement très développées. Là encore, les banques ne peuvent s’engager sur des niveaux de primes et de rémunération qui les mettraient en porte-à-faux dans un contexte de concurrence internationale.

Quel jugement portez-vous sur les résultats des banques ?

On assiste effectivement à une amélioration de leurs résultats, et la spirale à la baisse des créances douteuses est également positive. Les banques restent cependant très dépendantes du climat économique externe et les réglementations leur imposent aussi de renforcer leurs niveaux de capitaux.

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