La difficile communication française en matière de solvabilité

le 01/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Avec des ratios

Tier one améliorés de 0,6 à 1,3 point entre les premiers semestres 2010 et 2011, les banques françaises cotées insistent à juste titre sur le renforcement de leur solidité financière. Et chacune y va aussi de son commentaire. Ainsi, BNP Paribas préfère communiquer un Common Equity Tier oneplutôt qu’un Core Tier oneet prend la peine de préciser que ce ratio s’établirait à 9,0 %, pro forma « Bâle 2.5 », c’est-à-dire calculé selon la directive européenne sur les fonds propres réglementaires qui entrera en vigueur au 31 décembre (CRD 3). De son côté, Société Générale avance logiquement des ratios en normes Bâle II,« hors effets du floor », ces exigences additionnelles de fonds propres au titre des niveaux planchers demandées par le régulateur français pour les crédits immobiliers. Jusqu’au 31 décembre 2012, le montant moyen pondéré des pertes en cas de défaut applicable à l’ensemble de ces prêts faisant l’objet d’une hypothèque ou d’une sûreté d’effet équivalent, et qui ne bénéficie pas de garantie d’une administration centrale, ne peut être inférieur à 10 %. Enfin, Crédit Agricole SA (CASA) apporte un éclairage sur la solvabilité du groupe (soit le véhicule coté, CASA, et les caisses régionales), périmètre jugé plus pertinent par les agences de notation (comme dans le cas de BPCE) et important en perspective de Bâle III. Au premier semestre 2011, les ratios du groupe, « hors effet du floor », s’établissent à 10,4 % pour le Core Tier one, 11,9 % pour le Tier one. Par ailleurs, CASA précise que, dans les risques pondérés qui permettent leur calcul, 48,9 milliards d’euros (sur un total de 368,4 milliards) liés au traitement prudentiel de ses participations dans les caisses régionales « ont vocation à disparaître lors de la mise en place des garanties ‘Switch’ qui interviendra en même temps que le remboursement de titres super-subordonnés dits T3CJ et de l’avance d’actionnaire souscrits par les caisses régionales qui ne seront pas reconnus en tant que Common Equity (ou Core Tier one) sous Bâle III ». Finalement, tous ces éléments transitoires, explicables et justifiés, sur lesquels les banques se veulent transparentes, brouillent les comparaisons en matière de solvabilité.

A lire aussi