L'avis de... Thomas Verdin, directeur associé chez Theïa Partners*

« Désormais, il va falloir fournir un flux XBRL »

le 01/03/2012 L'AGEFI Hebdo

Les compagnies d’assurances vont devoir communiquer leurs états réglementaires au régulateur en utilisant le format XBRL. Cela représente-t-il un gros travail d’adaptation de leur système d’information ?

Le premier travail consiste à prendre conscience de la tâche que représente ce reporting réglementaire. Dans Solvabilité I, la notion de reporting à un régulateur était plus légère. Les assureurs ont bien entamé leurs projets concernant le calcul des ratios et la qualité des données afférentes. Mais à l’image de ce qui s’est passé dans la banque, lors du passage de Bâle I à Bâle II, il faut savoir quelles données doivent être déclarées au régulateur. Cela va représenter un travail significatif car les volumes à transmettre sont du même ordre de grandeur. Pour les rapports Corep (common solvency ratio reporting, NDLR), on peut atteindre 18.000 cellules à renseigner. Pour Solvabilité, une dizaine de milliers de cellules, au minimum, sont potentiellement en jeu.

Les assureurs sont donc au tout début de la réflexion ?

Certains sont plus en avance, comme les bancassureurs qui bénéficient de l’expérience Bâle II. Pour eux, XBRL est une réalité, avec des solutions de reporting déjà existantes. D’autres acteurs, présents dans des pays où le langage XBRL est utilisé à d’autres fins comme les Pays-Bas ou la Belgique, sont également déjà équipés.

Mais concrètement, quel travail cela va-t-il nécessiter ?

Auparavant, l’envoi des informations au régulateur se faisait sous formes d’états, le plus souvent des classeurs excel. Désormais, il va falloir fournir un flux XBRL, donc des données élémentaires, répondant à une taxonomie bien précise et assorti de règles de gestion vérifiant la cohérence des données pour des calculs de ratios. Plusieurs stratégies s’offrent alors aux assureurs. Continuer à produire leurs tableaux excel et les convertir au format XBRL à l’aide d’un outil informatique, stratégie dite du bout de chaîne. Une autre approche consiste à considérer la production du flux XBRL plus en amont dans le processus de calcul des ratios, à la sortie des outils de modélisation et de comptabilité.

*Cabinet de conseil en optimisation du reporting réglementaire

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