Baromètre Accenture - L’Agefi Hebdo des investissements informatiques bancaires

Dépenses informatiques, faire mieux avec moins

le 28/02/2013 L'AGEFI Hebdo

Réduire les coûts reste à l’ordre du jour pour les DSI, avec l’objectif de préserver les marges de manœuvre, en particulier dans l’innovation.

Dépenses informatiques, faire mieux avec moins

Réalisé en décembre 2012, le nouveau Baromètre Accenture - L’Agefi Hebdo des investissements informatiques bancaires donne des informations à la fois sur les dépenses réalisées en 2012 et sur les budgets 2013. Premier constat, les directeurs informatiques des banques font face à une pression croissante. Depuis 2011, les budgets ont tendance à se stabiliser, voire à régresser, et le phénomène s’accentue franchement pour 2013 puisque la moitié des DSI a prévu une diminution des dépenses

(voir le graphique 1). « Les directions générales des banques attendent de leur DSI une compression des budgets et l’arrêt de certaines dépenses, décode Philippe Vidal, responsable du secteur banque-marchés de capitaux chez Accenture. C’est même devenu une priorité stratégique. » Quant aux nouveaux projets, ils font l’objet d’une grande prudence : 40 % des DSI s’attendent à une baisse des dépenses consacrées au lancement de nouveaux projets pour 2013, tandis que 37 % d’entre eux voient ce budget se stabiliser. « Ce coup de frein donné aux nouveaux projets permettra de sanctuariser les projets prioritaires, porteurs d’une plus grande valeur ajoutée, notamment dans la distribution, la mobilité ou la relation client, et de préserver les développements voués à l’adaptation aux nouvelles réglementations sur lesquels aucune banque ne peut faire l’impasse, explique Philippe Vidal. Dans plusieurs établissements, le nombre de ces nouveaux projets va se réduire sous l’effet d’une logique de programme qui nécessite de les rationaliser et de les hiérarchiser dans un même domaine en fonction de la stratégie de la banque. »

Investir dans la distribution

En effet, les décisions de lancer de nouveaux investissements informatiques doivent répondre à certains critères (voir le graphique 2)dont les plus importants sont justement l’adaptation aux nouvelles normes et aux nouveaux règlements, sujet incontournable pour toute l’industrie financière depuis plusieurs années maintenant, mais aussi la recherche d’une baisse des coûts de fonctionnement informatique et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle, deux objectifs qui montent dans l’échelle de valeur des DSI. Ils passent devant l’amélioration de la qualité de la relation client qui reste néanmoins un critère important pour la moitié d’entre eux. « Il s’agit pour les banques d’éviter de perdre des parts de marché, si ce n’est des clients, du fait des arbitrages que peuvent réaliser les clients multibancarisés entre différents établissements (par exemple confier la majorité de son épargne à une banque différente de sa banque principale), note Philippe Vidal. Les banques cherchent désormais à augmenter leur part d’activité avec leurs clients, ce qui repose sur une relation de partenariat et d’accompagnement aux moments importants de leur vie. » C’est particulièrement vrai en banque de détail et en banque privée : pour elles, la première priorité en matière d’investissement informatique reste la distribution pour 50 % des DSI, devant les risques (21 % des réponses), alors que ces deux domaines arrivaient à égalité en 2011. La construction d’une véritable offre multicanal se poursuit pour permettre aux clients d’interagir avec la banque quand ils le souhaitent, mais aussi de tirer parti des informations que l’établissement détient concernant ses clients (datamining / analytics : exploitation des données) en segmentant de plus en plus ses actions commerciales afin de se montrer d’autant plus pertinent. Ce sujet fait l’objet d’investissements massifs depuis des années mais les résultats concrets et visibles apparaissent seulement depuis peu.

Avec une certaine habileté, les DSI ont su préserver des marges de manœuvre pour accompagner ces nouveaux projets, mais cela n’est possible qu’au prix d’efforts significatifs de réduction des coûts. Les coupes se sont fait sentir d’abord sur les dépenses liées aux infrastructures (44 %) : « Ce sont des budgets considérables sur lesquels les banques peuvent réaliser des économies significatives, en particulier par la mutualisation ou la consolidation », indique Philippe Vidal. D’ailleurs, les investissements en infrastructures sont très fréquemment tournés vers la rationalisation des infrastructures réseaux et vers la concentration des datacenters, les deux priorités établies pour ce type de dépenses. Les DSI misent également sur le pilotage de la demande de projets pour réduire les investissements (38 %) et nettement moins sur la réduction des coûts de maintenance (19 %).

Mutualiser les activités

Pour 2013, la moitié des DSI comptent réduire les coûts par la mutualisation avec d’autres établissements, 31 % vont rationaliser le patrimoine applicatif et 28 % devront reporter des projets demandés par les métiers (voir le graphique 3). « La mutualisation apparaît comme une tendance nette qui se décline selon les stratégies des banques, détaille Philippe Vidal. Les mutualisations peuvent être réalisées au sein de l’établissement ou entre deux établissements (logique de consolidation des volumes pour réduire les coûts de traitement unitaire des opérations). Une troisième voie consiste à aller chercher un opérateur industriel qui apportera les économies d’échelle aux établissements. » La réduction des coûts se traduit également dans les critères de choix des projets de remplacement de système applicatif cœur de métier : la réduction des coûts de fonctionnement est un facteur essentiel pour 55 % des DSI, devant l’amélioration de la qualité de service aux clients (45 %). « La présence de technologies obsolètes et la duplication de systèmes cœur de métier mènent les directeurs informatiques à investir pour réduire les coûts, estime Philippe Vidal. Mais la qualité de service est devenue un objectif stratégique pour de nombreux établissements qui mesurent la satisfaction des clients de plus en plus précisément, afin d’aligner leurs choix d’investissement sur les attentes des clients. » Ainsi, les investissements applicatifs des banques de détail et banques privées sont toujours tournés vers la connaissance client et les canaux directs (voir le graphique 4).

Enfin, l’innovation reste une nécessité pour les DSI : 36 % d’entre eux devraient ainsi augmenter le budget consacré aux expérimentations de technologies émergentes et le mode Saas (Software as a service), déjà utilisé par un quart d’entre eux pour certaines fonctions, devrait progresser de façon significative d’ici à trois ans (voir le graphique 5).

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