Rencontre avec... François Pérol, président du directoire de BPCE

« Dégager sur la durée une rentabilité supérieure au coût du capital »

le 04/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Quelle a été la teneur de votre réunion de rentrée avec les dirigeants du groupe, qui s’est inscrite cette année dans le contexte de l’achèvement de votre plan stratégique 2010-2013 ?

Nous avons parlé du bilan du groupe trois ans après sa création, des raisons pour lesquelles nous avions progressé ainsi que de nos grands défis à venir. Notre stratégie depuis 2009 a consisté à jeter les fondamentaux d’un grand groupe coopératif bancaire et d’assurance dédié à 100 % à ses clients, en cohérence avec les valeurs et les principes des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne qui sont à l’origine du groupe. Nous avons atteint cet objectif. Le groupe existe dans le paysage bancaire français et gagne chaque jour en cohésion. Par exemple, la mobilité des dirigeants s’y développe : sept patrons de Banques Populaires et de Caisses d’Epargne sont déjà passés d’un réseau à l’autre. La nomination d’Olivier Klein à la Bred est aussi un symbole fort. Nous disposons de facteurs de réussite qui ne sont pas remis en cause pour l’avenir : une gouvernance apaisée, des choix stratégiques simples et clairs, avec une exécution fiable. Nos principales priorités sont aujourd’hui de trois ordres : développer notre activité auprès de nos clients - c’est notre priorité majeure ; remodeler notre équation économique pour dégager sur la durée une rentabilité supérieure au coût du capital ; développer la formation et la mobilité des personnels, ainsi que le dialogue social. Le fonctionnement de BPCE est celui d’un groupe coopératif et décentralisé. La subsidiarité s’impose : ce qui peut l’être doit être réalisé en région, mais le principe de suppléance aussi - lorsque l’on peut mieux faire ensemble, on doit le faire à l’échelle nationale.

Comment cette maxime politique et sociale se traduira-t-elle dans votre prochain plan stratégique ?

Nous sommes dans une démarche participative qui devrait aboutir à la présentation l’an prochain d’un plan à horizon 2017. Le secteur bancaire vit une phase de transition. Nous en connaissons les grandes lignes. Nous connaîtrons les détails de la réglementation future début 2013. Notre réflexion s’oriente à ce stade sur la manière de développer nos revenus, de rentabiliser une base de fonds propres plus importante (depuis 2009, elle a augmenté de 60 %), et de modifier notre structure de financement. Espérons que les évolutions réglementaires et françaises ne conduisent pas à un assèchement du crédit.

En 2010, vous visiez le « retour à une rentabilité normale ». Qu’est-ce que cela signifie désormais ?

Sur le plan qui s’achève, nous sommes en ligne avec nos objectifs, mais dans un contexte plus difficile que celui envisagé. Les banques de demain, du moins celles qui reçoivent des dépôts dont la collecte est de plus en plus onéreuse, auront à l’avenir la rentabilité des utilities. Nous pouvons estimer qu’un RoE (retour sur capital investi, NDLR) entre 10 % et 12 % à terme est quelque chose de raisonnable pour une banque. Tout dépend du coût du capital. Mais nous aurons aussi un profil de risque et une volatilité moins élevés. Nos actifs pondérés par le risque ont diminué de 414 milliards en 2009 à 390 milliards aujourd’hui, tout en continuant de voir croître nos encours de crédit.

Votre mandat s’achève en juillet 2013. Pourrez-vous mener à bien le prochain plan ? Et avec quel comité de direction ?

Je suis attaché à notre groupe et fier de le servir. BPCE est un groupe à directoire et conseil de surveillance. La constitution de ce dernier reflète la parité de détention du capital entre Caisse d’Epargne et Banque Populaire qui ont sept sièges chacune, auxquels s’ajoutent quatre membres indépendants. C’est au Conseil de décider en la matière.

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