L'avis de... Fabrice Odent, associé responsable du département Services financiers de KPMG

« Créer les conditions du maintien, voire de l’augmentation de la rentabilité »

le 22/11/2012 L'AGEFI Hebdo

Comment interpréter les résultats trimestriels des banques françaises avec tant d’éléments exceptionnels ?

Chacune utilise sa propre terminologie pour présenter des éléments de résultat qui ne sont pas rattachés à leurs métiers cœurs : des éléments hétérogènes mais pas réellement exceptionnels. Ainsi, la réévaluation de la dette propre, principe comptable à mon avis peu pertinent, peut avoir un effet négatif ou positif sur les résultats. Autre exemple, la taxe systémique, qui coûte 223 millions d’euros aux quatre principaux groupes français sur neuf mois. L’impact des cessions est en revanche lié à des événements non récurrents. Les banques sont transparentes sur tous ces aspects, ce qui permet de suivre la performance de leurs activités opérationnelles autour de leur trajectoire stratégique qui préserve le modèle de banque universelle.

Les plans de transformation sont-ils achevés ?=

Les banques françaises font preuve d’une grande réactivité et ne sont pas en retard sur leurs objectifs, certaines mesures destinées à créer de la rentabilité avec de nouveaux business models étant toujours en cours. Il faut distinguer les actions de fonds de celles prises sous contraintes, et très rapidement, comme à la suite de la crise de liquidité dollars de l’été 2011. A ce titre, la liquidité, qui n’était jamais évoquée avant 2008, fait maintenant l’objet de commentaires détaillés. Le sujet est complexe pour les banques qui doivent sécuriser des actifs liquides, ce qui a un coût, avec en ligne de mire les prochains ratios de Bâle III.

La rentabilité est aussi liée aux réductions de charges…

Le sujet est aujourd’hui de créer les conditions du maintien, voire de l’augmentation de la rentabilité dans un environnement réglementaire contraint. Les banques cherchent à accroître leurs revenus en faisant évoluer leurs

business model et à diminuer leurs charges au travers de plans d’efficacité opérationnelle.

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