Le Crédit du Nord finalise l’intégration informatique de la SMC

le 31/05/2012 L'AGEFI Hebdo

La Société Marseillaise de Crédit acquise il y a moins de deux ans a basculé sur le système de sa maison mère. Une étape essentielle pour la suite des événements.

Calendrier tenu : entre les 7 et 9 avril derniers, le groupe Crédit du Nord a finalisé l’intégration informatique de la Société Marseillaise de Crédit (SMC), reprise en octobre 2010 au groupe BPCE pour 872 millions d’euros. « C’est une étape capitale qui vient d’être franchie dans l’intégration de la SMC au sein du groupe, s’est félicité Philippe Aymerich, directeur général du Crédit du Nord. Elle nous permettra d’accompagner de manière encore plus efficace l’activité et les projets de l’ensemble des clients de cette très belle enseigne. » Quelques semaines après la bascule, le directeur de l’organisation et de l’informatique de la SMC, Jean-Pierre Bertrand, est satisfait du passage au système informatique commun : « Nous sommes en train de peaufiner les aspects liés à la relation client. La priorité du projet a été de la préserver, et cela a été d’autant plus naturel que la SMC et le Crédit du Nord partagent une même culture de relation personnalisée avec leurs clients », indique-t-il.

Annoncée dès son acquisition par le groupe en septembre 2010, l’intégration informatique de la filiale marseillaise était une priorité pour le Crédit du Nord, menée parallèlement au projet Convergence qui vise à doter les réseaux de détail en France du groupe Société Générale d’un système d’information commun. « Il était essentiel de reprendre la SMC au sein du système informatique du groupe Crédit du Nord avant de continuer à bâtir le système unifié », confirme Bernard Hequet, responsable du projet informatique de reprise de la SMC au sein du groupe Société Générale.

Le projet Lacydon, du nom du Vieux-Port de Marseille pour évoquer la refondation du système d’information, a donc été lancé dès le lendemain de l’acquisition par la banque à l’étoile bleue. Dès le mois d’octobre 2010, les équipes de la SMC et du Crédit du Nord étaient réunies pour faire connaissance et passer en revue l’organisation et les produits de la banque phocéenne. Objectif : « découper » la banque en domaines fonctionnels afin de les intégrer dans le système d’information du Crédit du Nord. Le tout en créant un minimum de perturbations pour les clients.

Des ensembles cloisonnés

Riche héritage multibancaire, « le système d’information du Crédit du Nord est urbanisé par domaines fonctionnels, ce qui lui confère une réelle capacité d’absorption », poursuit-il. Cette caractéristique a été structurante dans la démarche d’intégration. « Des ateliers réunissant représentants de la maîtrise d’ouvrage, de la maîtrise d’œuvre et collaborateurs ‘métiers’ ont passé en revue l’ensemble des périmètres fonctionnels de la banque, avec pour objectif de dresser la liste des écarts entre les deux systèmes », relate Bernard Hequet. L’intérêt de ce mode de fonctionnement était de permettre aux équipes, responsables de bout en bout sur leur périmètre fonctionnel et applicatif, de travailler sur des ensembles cloisonnés. Pratiquement un mois après le début des travaux, un scénario de migration était validé. Quant aux écarts fonctionnels, ils ont été résolus soit par des actions de convergence au niveau des métiers, soit par des développements informatiques, soit par l’abandon ou l’adoption de certains produits de la part de la SMC. « Certains produits de la SMC, comme les cartes bleues nationales qui présentaient de très faibles volumes, ou les assurances sur téléphones mobiles, ont été abandonnés, explique Marie-Laure Constans, responsable de la maîtrise d’ouvrage informatique du Crédit du Nord, rattachée à la direction marketing. En revanche, le Crédit du Nord a intégré dans son portefeuille quelques produits de la SMC, comme l’alerte du client par SMS à réception d’un chéquier en agence. »

Une bascule en mode « big bang »

Au terme des travaux préparatoires, le système d’information de la SMC a été découpé en 170 interfaces, reprises en « big bang » au cours du week-end de Pâques. La bascule a consisté à intégrer l’ensemble des référentiels, des stocks et quelque 400.000 comptes clients, soit 25 millions de données et 5 millions d’écritures comptables. Près de 10.000 tâches se sont succédé de façon cadencée pour intégrer ces interfaces de façon cohérente. Sur un tel volume, même un taux d’échec de 0,1 % aurait été trop lourd à reprendre manuellement. « D’où l’importance des deux répétitions générales, réalisées en novembre 2011 et février 2012, et qui ont permis de s’assurer d’un niveau d’intégration proche de 100 %, rapporte Jean-Pierre Bertrand. Seules une centaine d’opérations complexes devaient être ressaisies manuellement pendant le week-end de reprise. »

Préalablement, l’ensemble des travaux qui pouvaient être anticipés avaient été réalisés en amont. Ainsi, « le dimensionnement des bases de données et de l’infrastructure a été revu un an à l’avance, ainsi que l’augmentation des capacités réseaux avec des tests de charge en conditions réelles pour assurer une montée en charge dès le premier jour », précise Bernard Hequet. Par ailleurs, dès fin 2010, les quelque 1.300 postes de travail des 150 agences de la SMC ont été remplacés et mis en cohésion avec ceux du Crédit du Nord, de même que les 130 distributeurs automatiques de billets. Le raccordement aux systèmes monétiques et d’échanges interbancaires du groupe Société Générale (Core, AbeStep2, euro 1 et Target 2) avait été réalisé début 2011 pour limiter le risque opérationnel durant le week-end de Pâques, consacré à la reprise des données.

Au terme de deux jours de migration et de validation, l’ensemble des canaux bancaires ont été rouverts. Et pour faciliter la prise en main du nouveau système informatique, près de 300 collaborateurs « parrains » venus de tout le groupe Crédit du Nord ont accompagné leurs « filleuls » provençaux durant près de trois semaines, en complément des 28.000 heures de formation dispensées auprès des 1.200 collaborateurs de la SMC. Les clients, qui découvraient le site internet de la SMC, ont également fait l’objet de toutes les attentions, avec une hotline (dépannage par téléphone) renforcée. Fin avril, les premiers traitements mensuels se sont déroulés sans incident notable.

Forte de ces résultats, la banque prépare la deuxième étape du projet Lacydon : d’ici à l’automne 2012, les 54 agences du Crédit du Nord en région Paca rejoindront la SMC qui deviendra l’unique marque du groupe dans le sud-est de la France. Le groupe sera alors fin prêt pour migrer progressivement vers le futur système informatique commun avec Société Générale. 

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