Crédit du Nord avance pas à pas dans ses travaux d’intégration

le 12/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Au sein de Société Générale ou en interne, les projets du groupe visent à abaisser les coûts à terme en gardant ses particularismes.

Les chantiers ne manquent pas. « Nous menons de front l’intégration de la Société Marseillaise de Crédit (SMC), rachetée en septembre dernier, le projet Convergence qui vise à fusionner les systèmes d’information des réseaux du groupe Société Générale en France, liste Vincent Taupin, directeur général de Crédit du Nord, ainsi que, en marge, notre passage sur la plate-forme monétique Transactis, qui doit en outre intégrer la SMC. » De fait, le groupe, désormais constitué de huit banques régionales (SMC, Courtois, Kolb, Laydernier, Nuger, Rhône-Alpes, Tarneaud et Crédit du Nord), doit se moderniser et abaisser ses coûts. En monétique, le transfert de la plate-forme de Natixis vers Transactis, cofondée par Société Générale, sa maison mère, et La Banque Postale, y participe. De même que l’informatique.

Transfert des informaticiens

« Le 2 mai, notre équipe de 600  informaticiens a rejoint la nouvelle direction des systèmes d’information et d’optimisation des processus (Siop) au sein de Société Générale, indique Vincent Taupin. Pour la partie distribution, c’est notre système qui a été retenu. Les premiers effets se présenteront fin 2012. » Ce qui n’empêche pas le comité central d’entreprise de s’opposer à Convergence, au motif d’une perte d’autonomie qui affecterait la proximité avec le client. L’affaire, portée devant les tribunaux, n’est pas encore close sur le plan judiciaire. Sur le plan financier, pour Vincent Taupin, la chose est entendue : « Nous n’avons pas les moyens aujourd’hui, compte tenu de notre taille, de supporter le développement et la maintenance d’une informatique de banque de détail en propre. »

Crédit du Nord avance ainsi vers la rationalisation. L’intégration de la SMC et de ses 144 agences, reprise à BPCE afin de mieux couvrir la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, n’échappe pas à la règle. « Des transferts vont être opérés pour éviter les recoupements de marques notamment entre la SMC et la banque Courtois sur les départements de l’Hérault, des Pyrénées orientales et de l’Aude, ainsi que sur la Drôme avec la Banque Rhône-Alpes, explique Vincent Taupin. Cinquante-trois agences Crédit du Nord vont en outre être apportées à la Société Marseillaise de Crédit. » L’organisation cible ne verra le jour qu’à l’automne 2012. D’ici là, la migration informatique de SMC sur la plate-forme du groupe Crédit du Nord est une priorité. Elle sera effective au printemps 2012.

Internet gratuit

Malgré tout, le groupe maintient ses particularismes. « Notre modèle est original, rappelle son directeur général, des banques régionales avec des décideurs de proximité et 933 agences, d’au moins trois collaborateurs, où chaque conseiller a un bureau fermé et où on accepte de manipuler de l’argent physique. Chez nous, il n’y a pas de publicité pour les produits en vitrine. Deux clients sur trois viennent sur recommandation, avec un argument qui satisfait les professionnels notamment : l’absence de renvoi sur un centre d’appels. » S’il revendique ce côté « vieille école », Vincent Taupin, nommé début 2010 après son succès à la tête de Boursorama, introduit tout de même quelques novations. « Jusqu’au 31 mars de cette année, l’accès internet était facturé seul 3,60 euros à nos clients et 2,88 euros dans un package. Désormais, il est gratuit dans nos offres groupées qui n’ont augmenté que de vingt centimes à moins de deux euros. » Dans un groupe où chaque banque a sa propre direction des ressources humaines, son autonomie dans l’octroi de crédits, son back-office ou ses auditeurs, la révolution n’est pas inscrite dans le programme génétique.

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