Crédit Mutuel Arkea renouvelle l’internet bancaire avec le « big data »

le 20/06/2013 L'AGEFI Hebdo

Grâce à cette technologie qui s’apprête à révolutionner le monde des grandes entreprises, la banque peut effectuer des requêtes parmi 5 milliards d'opérations.

Alors que la plupart des sites internet bancaires offrent un historique limité à cinq semaines, le Crédit Mutuel Arkea se distingue, lui, par une profondeur d'historique inédite puisque les recherches d'opérations en ligne peuvent désormais remonter jusqu'à mai 2001. « Avec Domirama*, nos clients ont aussi la possibilité d'ajouter leurs propres commentaires sur leurs opérations, complète Didier Calvar, directeur de l'Exploitation et des Technologies au Crédit Mutuel Arkea. Ils peuvent également effectuer des recherches sur différents critères comme la date, le montant ou le libellé d'opérations afin de retrouver les dépenses réalisées chez tel ou tel commerçant ou de comparer leurs dépenses médicales par rapport au remboursement de Sécurité sociale. »

Conception en interne

Pour offrir ces nouveaux services, les équipes de l'Exploitation ont décidé de migrer la première version de Domirama, développée à partir de bases de données relationnelles, sur la nouvelle plate-forme Hadoop conçue entièrement en interne, comme le confirme Didier Calvar. « C'est l’un de nos ingénieurs, qui avait personnellement développé des compétences autour du 'big data', qui a travaillé pendant dix-huit mois afin de concevoir cette plate-forme et les méthodologies de développement des applications qui auront vocation à être hébergées sur Hadoop. Et il faut savoir que lorsque nous avons démarré, nos prestataires traditionnels ne possédaient pas cette compétence-là. »

Grâce à cette nouvelle plate-forme, la V2 de Domirama peut effectuer des requêtes parmi 5 milliards d'opérations, en sachant que tous les jours, 1,5 million d'opérations viennent enrichir la base de données. « Grâce aux technologies 'big data', nous pouvons aussi communiquer de manière intensive sur cet outil car nous n'avons plus aucune crainte sur sa capacité à résister à la charge », complète Didier Calvar. La plate-forme Hadoop a d’ailleurs vocation à héberger d'autres applications, comme l’explique Didier Calvar. « Elle supporte déjà nos propres algorithmes de lutte antiblanchiment. Nous l’utilisons aussi pour les calculs de ratio de solvabilité imposés par Solvabilité II, avec un gain de temps non négligeable puisque pour calculer le modèle emprunteur, il ne nous faut plus que trois minutes contre 24 heures auparavant. »

Avec toutes ces vertus, le big data s'apprête, d’après Didier Calvar, à révolutionner les systèmes d'information des grandes entreprises, comme internet et les clients légers ont pu le faire il y a un peu plus d'une dizaine d'années. « Le 'big data' se révèle une technologie parfaitement adaptée pour tout ce qui touche à l'analyse de données, surtout lorsqu’elle nécessite des volumes importants, des temps de réponse très rapides, ou des croisements entre des informations qui peuvent être structurées ou non, conclut Didier Calvar. Demain, nous pourrons par exemple croiser des données en provenance de notre base clients avec des logs internet et des informations structurées comme des commentaires sur les sites web, des tweets ou des images. Mais attention, le 'big data' ne pourra pas répondre à l'ensemble de nos besoins. Il n'est ainsi pas du tout adapté pour tout ce qui relève du transactionnel. »

*Pour son application Domirama, le Crédit Mutuel Arkea s'est vu décerner le 1er prix du Trophée de l'Innovation 2013 lors de la 2e édition du congrès Big Data Paris.

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