Le Crédit Municipal de Paris gère ses offres d’épargne en mode Saas

le 12/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Pour refinancer ses prêts sur gage, « Ma Tante » lance de nouveaux produits d’épargne en s’appuyant sur le logiciel à la demande de l’éditeur français SAB.

Nous avons démarré les tests fin mars 2012 et nous avons basculé en production fin mai », raconte Nicolas Candoni, directeur des services administratifs et financiers au Crédit Municipal de Paris. Depuis juin, en effet, l’établissement public spécialisé dans les prêts sur gage propose des produits d’épargne via la mise en ligne d’un site dédié : www.epargne-solidarité.fr/. Une activité de vente de produits d’épargne qui, si elle existait lors de la création du Mont-de-Piété pour garantir les prêts, avait été abandonnée il y a plus d’une vingtaine d’années. Mais en raison de besoins de financement toujours plus importants, le Crédit Municipal de Paris a dû se résoudre à la mettre en place, et très rapidement. C’est pourquoi la solution retenue pour gérer ces offres - livret d’épargne et compte à terme - est un progiciel distribué en mode Saas (Software as a service), c’est-à-dire accessible en ligne, ne nécessitant aucune installation en propre et payable à l’utilisation, contrairement au mode classique où l’on achète des licences, quel que soit le volume d’utilisation prévu. « Le choix du mode Saas a été déterminant car nous voulions une solution souple et facile à intégrer dans notre système d’information », précise Nicolas Candoni. Un choix judicieux mais surprenant car, concernant une activité cœur de métier pour un établissement financier, le mode Saas fait encore l’objet de nombreuses réticences dans ce secteur. Le déploiement technologique soutenant cette nouvelle offre a représenté la dernière étape d’une réflexion initiée il y a dix-huit mois.

Depuis la crise de 2008, l’activité de prêts sur gage du Crédit Municipal de Paris connaît une forte progression qui ne se dément pas et va même en s’accélérant. Sur les cinq premiers mois de 2012, la production de prêts s’est appréciée de 20 % en volume et de 40 % en valeur par rapport à la même période en 2011. « Le contexte est favorable, si l’on peut dire, à cette progression, explique Nicolas Candoni. Outre la crise qui perdure, le secteur bancaire traditionnel restreint les octrois de crédit et la loi Lagarde a durci les conditions pour les crédits à la consommation. Enfin, la hausse des cours de l’or accroît mécaniquement la valeur des prêts accordés. »

Un refinancement difficile

Les dirigeants du Crédit Muncipal de Paris ne s’attendaient pas à un tel « succès ». Et la problématique du refinancement s’est faite d’autant plus aiguë que, en dépit d’un élargissement des conditions d’octroi par la Banque centrale européenne fin 2011, le prêt sur gage n’est toujours pas éligible. Dès le début de l’exercice 2011, « il nous fallait diversifier nos sources de refinancement, d’autant mieux que nous ne disposons pas de fonds propres », souligne Nicolas Candoni. L’offre de produits d’épargne est donc la solution. Une étude de marché réalisée par l’Ifop montre alors une très bonne opinion des sondés quant à une offre d’épargne proposée par le Crédit Muncipal de Paris. « Nous savions que notre cible - les particuliers attirés par l’épargne solidaire et les ressortissants de la sphère publique (administrations, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, collectivités locales…), très nombreux en région parisienne - serait sensible à des produits simples comme le livret d’épargne ou le compte à terme », ajoute Nicolas Candoni. Le positionnement concurrentiel retient trois critères, la sécurité du placement, l’aspect solidaire pour aider des gens en difficulté et le rendement. Une fois obtenu l’agrément auprès de l’Autorité de contrôle prudentiel, ne restait plus qu’à mettre l’offre en production. « Il manquait l’élément déterminant, l’outil informatique avec deux préoccupations majeures, les fonctionnalités et le mode de distribution des offres assuré plutôt en ligne et par téléphone, même si nous ne nous sommes pas interdits le contact en agence », insiste Nicolas Candoni. Un appel d’offres, code des marchés publics oblige, est lancé en septembre 2011. C’est l’éditeur français SAB qui est retenu mi-janvier 2012. Les critères déterminants ont été le prix, la promesse d’un délai de mise en œuvre très court et la souplesse d’implémentation.

Un déploiement rapide

« Le mode Saas facilite la mise en œuvre, évitant les questions d’intégration des systèmes. En outre, il supprime la problématique de synchronisation, de réplication des données, de serveurs physiques à gérer. Il nous a juste fallu définir les modalités d’un accès à distance sécurisé au logiciel, ce qui a été résolu avec la mise en place d’un VPN ('virtual private network' - réseau privé virtuel, NDLR) », précise Nicolas Candoni. Il a été néanmoins nécessaire de développer des interfaces entre le logiciel SAB AT, le système informatique comptable du Crédit Municipal de Paris et le site www.epargne-solidarité.fr/. Outre les paramétrages propres à chaque client, les équipes de SAB ont dû travailler sur l’éditique (relevés, confirmation de transaction…). SAB comptant encore peu de clients en mode Saas, ces fonctionnalités sont plutôt assurées par les clients eux-mêmes qui s’appuient sur leurs propres outils internes pour générer des documents à partir des flux de données de SAB AT. L’adoption de SAB AT au Crédit Municipal a débuté début février 2012, les tests en mars et l’offre est opérationnelle depuis début juin.

Le Crédit Municipal de Paris a tout de même souhaité bénéficier d’un poste de travail personnalisé. C’est donc la société de services informatiques Kassius qui a élaboré les écrans de contrôle, de gestion et de visualisation pour les utilisateurs de SAB AT. Ceux-ci se connectent au logiciel via un navigateur internet. Pour l’instant, il est possible de faire sa demande de produits d’épargne en ligne et d’en suivre l’évolution. Mais les éventuels clients ne peuvent pas souscrire en ligne, cette possibilité n’étant pas apparue comme une priorité dans l’étude de marché. Toutefois, la mise en place de la signature électronique devrait intervenir d’ici à quelques semaines. Une technologie bien maîtrisée par le Crédit Municipal de Paris qui l’a déjà déployée pour la contractualisation des prêts sur gage, en septembre 2011. Le recours à la signature électronique ne nécessitera que très peu de modifications sur le logiciels SAB AT. Nicolas Candoni semble satisfait des premiers résultats de ces offres d’épargne, même s’il est un peu tôt pour en juger. « Nous n’excluons pas d’élargir l’offre à d’autres produits », conclut-il. Mais cela nécessitera de souscrire un nouvel abonnement pour d’autres modules de SAB AT.

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