Le Crédit Coopératif veut s’investir dans le « crowdfunding »

le 20/03/2014 L'AGEFI Hebdo

La banque se rapproche d’acteurs du financement participatif, renforce son offre en fonds propres et entend séduire davantage de clients particuliers.

Le Crédit Coopératif regarde vers l’avenir. « Tous coopérateurs, tous banquiers », son nouveau projet d’entreprise pour la période 2015-2019, sera décliné dans les mois à venir. « Le sujet numéro un, c’est la relation ternaire*. Nous travaillons avec des têtes de réseaux, c’est-à-dire les fédérations professionnelles d’associations, de coopératives, etc. Notre approche historique s’est faite en construisant avec eux des réponses là où émergent des besoins », explique Jean-Louis Bancel, président du groupe (membre de BPCE). A l’heure où les pouvoirs publics se désengagent, la banque entend maintenir l’environnement qui permet le financement privé de ce secteur. Un « nouveau cap » à cinq ans dans la continuité, donc, mais avec de nouveaux projets, par exemple dans le financement du logement social – qui a aussi l’avantage d’être peu consommateur de fonds propres.

Aujourd’hui, une façon de répondre aux nouveaux besoins de financement de petits projets d’une part, et de traçabilité de l’épargne de l’autre, c’est le crowdfunding. « Nous voulons être très actifs sur ce terrain. Le conseil d’administration a voté une enveloppe de plusieurs millions d’euros pour passer des accords de partenariats avec des plates-formes de financement participatif », annonce Jean-Louis Bancel.

Le Crédit Coopératif va s’associer avec des structures existantes ou à venir, sur les segments du don-contre don et du financement en fonds propres. « Nous restons très prudents sur le prêt, car certains points ne sont pas éclaircis par les opérateurs. Que se passe-t-il si celui à qui on a prêté ne rembourse pas? », s’interroge Jean-Louis Bancel. La banque s’est engagée dans le crowdfunding dès son apparition il y a quelques années, comme actionnaire de la plate-forme Babyloan, comme partenaire (avec Société Générale et le Crédit Municipal de Paris) de la plate-forme coopérative Spear, et en participant à la création de la fédération du secteur. Les noms de ses nouveaux partenaires ne seront pas révélés avant l’été, alors que l’ordonnance qui encadre le secteur entrera en application au 1erjuillet.

La conquête de clients particuliers reste un axe de développement prioritaire, initiée lors du précédent plan pluriannuel. « Nous avons passé le cap des 300.000 clients actifs en 2013, en progression de 4 %, tirée par la clientèle des particuliers, en augmentation de 8 % », indique François Dorémus, directeur général. Sur 314.600 clients actifs, le Crédit Coopératif compte aujourd’hui 130.000 particuliers, 120.000 majeurs protégés, et 63.800 personnes morales, sa cible historique. L’objectif sur les particuliers est de rester sur une progression annuelle de 8 % dans les années à venir, avec l’ambition, officiellement non datée, d’atteindre les 500.000  clients.

Diversification des clientèles

 

« Aujourd’hui, de plus en plus, nos contemporains veulent donner du sens à la manière dont leur argent est utilisé. Nous allons de plus en plus sur le terrain de la finance engagée, et nous avons l’ambition que chacun de nos clients puisse devenir un banquier », affirme Jean-Louis Bancel. Cette démarche est aujourd’hui possible avec la gamme Agir (carte, livret et compte) qui permet au client de choisir quels types de projets financer avec ses dépôts et micro-dons, et d’épargner selon ses convictions (L'Agefi Hebdo du 30 janvier 2014).

La diversification des clientèles permet aussi de faire progresser la collecte, en hausse de 6 % en 2013, et de 16 % pour l’épargne bilancielle. Cette année, le Crédit Coopératif va finir de compenser le rachat en 2013 pour 270 millions d’euros à Natixis des certificats coopératifs d’investissement (CCI) par des souscriptions de parts sociales. « C’est très important car les fonds propres assurent le développement de demain », assure François Dorémus.

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