Crédit Coopératif veut rendre l’épargne solidaire séduisante

le 30/01/2014 L'AGEFI Hebdo

Grâce à de nombreux partenariats avec des associations, la banque affinitaire propose aux particuliers d’épargner en fonction de leurs convictions.

L’épargne solidaire représente moins de 0,2 % du patrimoine financier des ménages, qui dépasse les 3.800 milliards d’euros. Mais elle a du potentiel, d’une part, parce qu’elle permet aux particuliers de choisir la destination de leur argent et, d’autre part parce que les acteurs de la finance solidaire innovent régulièrement pour les attirer. Le Crédit Coopératif est un peu l’inventeur de la finance de partage en France car il a créé dès 1983 pour le Comité contre la faim et pour le développement (CCFD)-Terre solidaire le premier fonds solidaire, baptisé Faim et Développement, dont les intérêts sont partagés chaque année entre les porteurs et l’association. « Pour l’association, c’est un moyen de développer un revenu régulier qui ne dépende pas de campagnes de collecte, souligne Laurence Moret, responsable des partenariats solidaires au Crédit Coopératif. D’ailleurs, trente ans plus tard, ce fonds atteint les 60 millions d’euros. »

La formule n'a pas démérité depuis lors et séduit d’autres associations. D’autres fonds sont lancés, ainsi que des livrets, des produits d’épargne salariale et même une carte Agir qui prévoit le versement de 6 centimes à l’association de son choix pour chaque retrait effectué. Le concept est étendu au livret Agir, décliné lui-même en plusieurs versions pour aider à financer diverses initiatives sur les thèmes de l’environnement ou de l’insertion. Parmi les 52 associations bénéficiaires, on trouve CCFD-Terre Solidaire, mais aussi Handicap international, Médecins du monde, France nature environnement ou encore Habitat et Humanisme.

Cette dernière, créée en 1985, aide des personnes à se réinsérer en leur proposant un logement. « Nous voulons orienter une fraction de l’épargne vers le logement social, résume Alix Guibert, responsable épargne solidaire d’Habitat et Humanisme. C’est pourquoi nous avons créé une gamme de placements solidaires qui va de l’assurance-vie à la société foncière, mais pour nous mettre à la portée de tous, nous avons décidé de lancer avec le Crédit Coopératif un livret d’épargne accessible à partir d’une petite somme. » La banque a mis en place un site Web dédié à la souscription mais la notoriété du produit vient surtout des projets menés, comme l’ouverture récente d’une maison à Nantes pour accueillir des jeunes, des mamans avec leurs enfants, ainsi qu’une bibliothèque et une crèche. « Les personnes qui choisissent d’ouvrir un livret le font souvent après avoir eu connaissance de l’une de ces initiatives, ajoute-t-elle. Et le résultat est là : les dons issus de ce livret représentent un million d’euros par an ! »

Utile, éthique et déductible

La proximité et le fléchage de l’épargne plaisent aux personnes soucieuses de la destination de leur argent. Une préoccupation croissante mais pas nouvelle. François Thibodaux, retraité et bénévole au Secours catholique, a ouvert son premier livret Agir il y a quinze ans et en détient plusieurs aujourd’hui, tous ayant Habitat et Humanisme pour association bénéficiaire. « Je sais comment est utilisé mon argent, estime-t-il. C’est une épargne éthique qui sert une cause juste et qui ouvre droit à la réduction fiscale liée au don réalisé. Enfin, c’est un cadeau pour mes petits-enfants car j’ai ouvert un livret à chacun d’entre eux à leur remettre à leur majorité. »

Finansol estime qu’à fin 2012, plus d’un million de produits solidaires ont ainsi été ouverts. Et si l’épargne salariale représente 55 % de l’épargne solidaire à 2,6 milliards d’euros, l’épargne bancaire (livrets, OPCVM, assurance-vie…) en constitue déjà plus du tiers (36 %) à 1,718 milliards d’euros.

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