Crédit Agricole SA s’engage dans de nouvelles réductions de coûts

le 17/01/2013 L'AGEFI Hebdo

Mutualisations et synergies doivent permettre de réduire de 13 % à fin 2014 certaines charges de la société et de ses filiales.

Crédit Agricole SA (CASA) a achevé son programme de cessions immobilières prévu dans le cadre de son « Engagement 2014 ». La vente de l’ancien siège parisien de CASA a été signée le 19 décembre, pour 239 millions d’euros. Amundi, sa filiale de gestion d’actifs (à 75 %) s’y installe donc maintenant en tant que locataire, dans le cadre d’un « sale & lease back ». Un immeuble sur le quai du Président Paul Doumer, où se trouve Cacib, la banque de financement et d’investissement du groupe, a aussi été cédé pour 188 millions, après celui du 128-130 boulevard Raspail, jusque-là essentiellement occupé par CA Consumer Finance, pour 54 millions d’euros. Les acheteurs ? « Des fonds d’investissement français et étrangers », se contente d’indiquer Michel Mathieu, directeur général délégué (DGD) de CASA. Les noms de Blackstone et AltaFund (Altare Cogedim) ont toutefois été cités. Au-delà de ces opérations, qui offrent toutes une plus-value, et d’autres partages de ressources (système d’information et achats) annoncés en mars 2011 qui doivent permettre 250 millions d’euros d’économies annuelles à horizon 2014, de nouveaux efforts ont été décidés à la fin de l’année dernière.

Pour CASA et ses filiales, c’est le « Must ». « Dans cet acronyme - Mutualisations, synergies et transversalité -, ce dernier élément est le plus spécifique, souligne Michel Mathieu. Pour chacun des trois domaines d’économies identifiés, nous avons créé un comité de pilotage constitué d’un représentant de la direction de chaque entité et présidé par des patrons de filiales : Yves Perrier d’Amundi pour l’informatique, Yves Nanquette de LCL pour les dépenses externes et Jérôme Grivet de Crédit Agricole Assurances pour l’immobilier. »

L’impulsion est ainsi donnée par ces comités, et par Michel Mathieu, DGD en charge des fonctions centrales Groupe, qui les supervise. Pour s’assurer de sa bonne transmission, la rémunération variable des dirigeants concernés intègre en outre un volet qualitatif (de collaboration) et quantitatif (selon les économies réalisées) lié à l’application de ce « Must », en France et à l’étranger, notamment en Italie où la répartition des locaux est revue.

Montée en puissance progressive

Préparé avec un grand cabinet de conseil en organisation et engagé fin 2012, ce programme repose sur une base de coûts de 13,6 milliards d’euros. « L’assiette concernée s’élève à 2,3 milliards d’euros pour l’informatique, environ 2 milliards pour les dépenses externes (essentiellement les frais de conseil, les honoraires, mais aussi le marketing et les voyages… en tout, 13 catégories) et à 1 milliard pour l’immobilier. Notre ambition est de la réduire de 13 % à fin 2014. » La montée en puissance sera progressive, avec « 35 % du programme réalisé en 2013 ». Car le programme « Must » est d'ores et déjà traduit dans les budgets de l’année par chacune des entités de CASA. Avec, le cas échéant, l’abandon de certains projets trop gourmands en jours/hommes. La rénovation du système d’information de la direction des achats - renforcée l’an dernier sous la houlette d’Eric Dewilde afin de faire profiter les plus petites structures du pouvoir de négociation d’un grand groupe (CASA et ses filiales procèdent annuellement à 6 milliards d’euros d’achats sur l’ensemble de leur périmètre) - a ainsi été arbitrée. 

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