Crédit Agricole Pyrénées Gascogne livre une autre vision de la banque

le 12/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Dans son approche « 100 % réseaux intégrés », Tookam vise une clientèle plus variée que celle des établissements actuellement sur internet.

Son conseiller répond par Facebook, par Twitter, par « chat » (discussion relayée par internet) ou vous recontacte. Aucun canal n’échappe à Tookam, cette banque d’un genre nouveau lancée le 1

er avril par le Crédit Agricole de Pyrénées Gascogne. « Les réseaux sociaux prennent à rebrousse-poil un marketing bancaire encore largement calqué sur celui de la grande distribution, constate Guillaume Almeras, directeur chez Compass Management Consulting, dans son étude « Banques françaises, le bilan d’une décennie ». Face à ces nouveaux espaces d’interaction, les banques s’interrogent : comment y aller ? » Des établissements sont présents, « mais pour générer de l’interactivité via la communication et améliorer leur image, précise Damien Oddos, porte-parole de Tookam. Dans notre cas, nous y portons notre expertise bancaire : nous allons jusqu’au conseil ». Guillaume Almeras est ferme : « Pour les banques, une présence sur les réseaux sociaux représente beaucoup plus qu’un enjeu publicitaire : c’est là où se trouvent leurs nouveaux clients. »

Dotée de sa propre marque, « Tookam emploie quatre personnes, précise Damien Oddos, mais s’appuie sur l’agence en ligne de la caisse dont nous distribuons aussi les produits. Notre identité montre la solidité de nos fondations. » Et la maison mère de préciser : Tookam n’est « pas une invention marketing, mais bien une solution ». Avec la même règle que dans l’ensemble de l’entité : un « nouveau pacte client » qui exclut les objectifs de vente de produits pour privilégier la satisfaction client, mesurée par des enquêtes et statistiques. Et, pour tout contrat, la signature Crédit Agricole, Tookam étant une agence, non un établissement bancaire.

Une offre solidaire

Si Tookam peut fournir n’importe quel produit du Crédit Agricole, y compris du crédit à l’habitat, elle dispose toutefois d’une offre en propre : un compte épargne à 6 % garantis pendant trois mois et une « carte solidaire » proposée à 1 euro la première année puis « plus vous l’utilisez, moins elle vous coûte : à chaque paiement, retrait ou chargement Monéo de votre carte, 0,02 euro (0,12 euro pour une carte Gold) est déduit automatiquement du prix de votre carte l’année suivante », indique Damien Oddos. L’un et l’autre permettent d’alimenter une « cagnotte à tookets ». Les tookets constituent une « monnaie sociale et solidaire » : « L’abondement de Tookam permet de reverser ces ‘tookets’, convertibles en euros, à des associations déjà partenaires de la Caisse ou qui souhaitent le devenir, et choisies par le client », explique Damien Oddos. Un livret porté à son plafond génère ainsi 7.000 tookets, soit l’équivalent de 70 euros. Les tookets disposent au demeurant de leur propre site que l’agence de conseil internet Immersive Lab, filiale du Crédit Agricole, a créé pour proposer à d’autres entreprises de les véhiculer (comme les S’miles, programme de fidélité qui rassemble les Caisses d’épargne comme Monoprix, Casino ou la SNCF).

Un accès totalement multicanal, une offre bancaire de base mais attractive - comme sur d’autres banques en ligne -, avec en plus une dimension solidaire des produits… le client type de Tookam n’est pas facile à cerner. Entrant en relation principalement par « chat », les internautes seraient aussi bien des étudiants que de jeunes actifs, avec un « doyen » de 80 ans. Même si Tookam affirme avoir ouvert de nombreux comptes et traité plus encore de dossiers d’inscription, aucun chiffre ne sera toutefois communiqué avant six mois d’activité. « Avec les réseaux sociaux, la cible est beaucoup plus protéiforme qu’on ne le pense, soutient Damien Oddos. Nous nous adressons au grand public, sans barrière. » Au point que la rubrique « L’invité du mois » de Tookam.com opte pour le tutoiement systématique, y compris lorsqu’il s’agit de Jean Philippe, directeur général de Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne. 

A lire aussi