Dossier Matières premières agricoles

Crédit Agricole, un pôle unique offrant toute une palette de services

le 22/11/2012 L'AGEFI Hebdo

La filière agriculture-agroalimentaire sera traitée comme un tout par le véhicule coté de la banque verte. L’accent est mis sur le conseil.

Difficultés chez Doux, taxe sur la bière, coût du travail ou réforme de la politique agricole commune soulignent l’importance de l’agriculture et de l’agroalimentaire en France, alors que le pays est passé du deuxième au quatrième rang mondial des exportateurs (lire l’encadré). Pour le groupe Crédit Agricole, accompagner ses clients historiques dans ce contexte tient de l’évidence. « Nous travaillons collectivement depuis plusieurs mois sur un projet 'Agriculture 2020' afin d’anticiper les grands changements du secteur, indique Gaëlle Regnard, à la tête de la direction de l’agriculture de Crédit Agricole SA (CASA). Nous avons cerné trois grandes priorités : l’installation des jeunes, la sécurisation de l’activité face à la volatilité des prix et l’expertise des filières à développer. »

Déjà « les agriculteurs doivent envisager leurs activités dans une logique de filière orientée par la demande en aval à l’échelle internationale, explique Dominique Lefebvre, président de la Fédération nationale du Crédit Agricole. Les marchés à terme donnent une visibilité à plus d’un an. » C’est ce qui a mené la banque verte à réunir agriculture et agroalimentaire en un même « domaine d’excellence » pour son projet de groupe à dix ans. A compter du 1er janvier 2013, CASA sera ainsi doté d’un pôle unique « agri-agro ». François Moury le dirigera avec, à ses côtés, Gaëlle Regnard et Philippe Chapuis pour la direction agroalimentaire. « L’objectif est d’avoir une vision cohérente de la filière ‘agri-agro’, jusqu’au seuil de la distribution, en nous appuyant sur l’analyse de la direction des études et de la communication rattachée à Gaëlle Regnard, confie ce financier. Des experts et ingénieurs d’affaires y seront intégrés. Le pôle aura aussi une mission d’assistance technique auprès des banques de proximité du groupe, en France et à l’international ; une division de capital-investissement, conseil et finance ; ainsi qu’un établissement de crédit réservé aux caisses régionales, Foncaris, qui garantit leurs risques de crédit. » Au total, près de 170 personnes chez CASA ou dans ses filiales.

La filière et les réseaux

En région, dix à quinze banquiers-conseils collaborateurs des caisses seront les interlocuteurs des entreprises « agri-agro ». « Leur rôle est différent des conseillers clientèle qui conservent la relation bancaire, précise François Moury. Ils interviennent dans le cadre d’une réflexion stratégique pour apporter des solutions de développement en fournissant les services des spécialistes du groupe. » En Italie, une organisation comparable sera mise en place dans le cadre d’un plan stratégique dévoilé début 2013. « Les caisses régionales réalisent 80 % des prêts à l’agriculture et ont un rôle croissant sur le haut de bilan auprès des entreprises du secteur, majoritairement petites et moyennes, qui ont besoin d’une relation de proximité », rappelle Dominique Lefebvre. Si le groupe dans son ensemble (caisses régionales, LCL, banque de financement et d’investissement, crédit-bail ou affacturage) revendique 37 % des prêts à l’agroalimentaire en France, sa filiale Cariparma FriulAdria par exemple ne détient que 2,8 % de part de marché dans l'agriculture italienne et moins encore dans l’agroalimentaire. Sans donner plus d’objectifs chiffrés que celui de « doubler le produit net bancaire de l’activité en dix ans », le patron du nouveau pôle indique que « l’organisation sera la même partout où nous disposons de réseaux (Pologne, Maroc, etc.) » et insiste sur l’ampleur de l’offre : « En plus du financement et de l’investissement, le métier du conseil qui est maintenant développé dans notre organisation va nous permettre de devenir une référence en France, en Europe et au-delà. » Et placer Crédit Agricole sur un champ largement exploité par le néerlandais Rabobank.

A lire aussi