Crédit Agricole implante un outil pour gérer ses risques non financiers

le 28/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Pour gagner en efficacité dans la gestion de ses polices d’assurances, la banque verte déploie le logiciel Webrisk.

Le groupe Crédit Agricole déploie actuellement un nouvel outil informatique pour gérer l’ensemble de ses problématiques de risques, qu’ils soient assurables ou non. Sa filiale Crédit Agricole Assurances, du fait de son activité et donc de ses compétences en la matière, s’est vu attribuer la responsabilité de mettre en place ce système d’information. Il permettra la gestion de l’ensemble des sites du groupe, essentiellement des immeubles, la gestion des polices d’assurance pour ces sites, celle des chantiers et de polices de construction, la déclaration et le règlement des sinistres, et enfin toutes les opérations de reporting qui en découlent. « Ce projet vise trois objectifs majeurs, explique Jean-Pierre Meffre, directeur risques assurables et réassurance internationale de Crédit Agricole Assurances. Le premier est de remplacer les outils existants de moins en moins adaptés aux problématiques de l’organisation. Nous souhaitons mettre en place des outils communiquant avec nos correspondants internes (filières métiers et filiales du groupe Crédit Agricole) et extérieurs (assureurs et courtiers) avec lesquels nous n’échangeons pas de manière suffisamment collaborative ou efficace. » Auparavant, le groupe Crédit Agricole s’appuyait sur un outil de documentation des contrats d’assurances assorti d’un progiciel développé en interne et basé sur Excel pour traiter et suivre les achats de contrats d’assurance locaux. « Le second objectif concerne la fiabilisation et la sécurisation des échanges d’information, poursuit Jean-Pierre Meffre. Enfin, nous souhaitons améliorer le ‘reporting’, en facilitant l’accès aux informations nécessaires. »

Solution personnalisée et sécurisée

La réflexion concernant ce projet a débuté il y a environ dix-huit mois. En juin 2011, à l’issue d’un appel d’offres, c’est la solution WebRisk de l’éditeur français Effisoft qui est retenue (lire l’entretien). « Le mode de déploiement proposé nous semblait être le plus adapté à nos besoins : un mode de développement itératif, au fil de l’eau et correspondant à la taille de notre organisation, explique Jean-Pierre Meffre. En effet, les projets informatiques peuvent vite vous échapper, en termes de planning, de temps consacré car, dans le même temps, il faut faire face au quotidien. » En outre, la proposition d’Effisoft était plus personnalisée et présentait notamment un prototype de ce que pourrait être ce nouvel outil à partir des attentes de Crédit Agricole Assurances. « Lors de l’appel d’offres, nous avons également vérifié que la solution répondait à l’ensemble du cahier des charges en matière de sécurité », ajoute Jean-Pierre Meffre. Et avant la mise en production de Webrisk, il y aura de nouveau une série de tests de sécurité et d’intrusion, conformément aux règles en vigueur lors de la mise en service de tous les nouveaux outils informatiques du groupe Crédit Agricole. C’est le mode Saas (Software as a Service), c’est-à-dire la location du logiciel, ne nécessitant pas d’installation et accessible via un navigateur internet. Un mode de fonctionnement permettant un délai de mise en production plus rapide, mais pas seulement. « Nous étions plutôt partisans du mode Saas, pour conserver le degré de sécurité inhérent à la conception du logiciel, souligne Jean-Pierre Meffre. Le déporter vers un hébergeur, même interne, aurait complexifié l’organisation. En outre, nous voulions un interlocuteur unique. » Le projet a néanmoins été découpé en autant de lots que de grandes fonctionnalités. « Nous sommes donc en train de nous familiariser avec l’outil et de l’appréhender lot par lot, précise-t-il. Même si le logiciel est très intuitif, il demeure un outil technique avec des procédures précises de validation. »

Cinq lots fonctionnels

La première brique correspondant à la gestion de l’ensemble des sites du groupe est bien avancée. Le groupe a déjà paramétré la description de son organisation. « C’est une brique complexe à mettre en œuvre car elle implique de croiser une dimension métier avec une dimension géographique, indique Jean-Pierre Meffre. Elle doit permettre d’avoir une vue globale des risques encourus et couverts par métiers, avec le détail sur une zone géographique précise. » Une autre brique fonctionnelle permettra de recenser tous les objets de risques comme les bâtiments ou certaines valeurs dans les coffres, et de mieux gérer les expositions aux risques en les quantifiant davantage. Dans ce domaine, « il y a une forte attente à l’égard des fonctionnalités de géolocalisation, poursuit-il. Nous enregistrons peu de sinistres, mais si je prends l’exemple de la fermeture temporaire de 70 agences en Italie suite au récent séisme, la géolocalisation permettra de mieux anticiper les conséquences potentielles de sinistres dans ce genre de situation ».

Webrisk permettra par conséquent d’avoir une vision consolidée de toutes les polices d’assurance et des différents acteurs avec qui traite le groupe Crédit Agricole. Les équipes de Jean-Pierre Meffre pourront vérifier s’il y a des manques ou des doublons au niveau des polices locales par exemple. Cette brique n’est pas encore finalisée car il reste à paramétrer tout ce qui concerne les chantiers, comme la rénovation d’immeubles. Il faut notamment recenser toutes les polices d’assurances nécessaires, les interlocuteurs en cas de problème. Pour l’ensemble du groupe Crédit Agricole, on dénombre environ une centaine de polices différentes à gérer chaque année, auxquelles s’ajoutent une cinquantaine de polices locales. Les chantiers représentent, eux, près de 500 polices. La brique sinistre reste à construire avec, entre autres, ses fonctionnalités de déclaration de sinistre. « Elle devra aider nos correspondants assurances dans les différentes filiales à documenter ces déclarations afin qu’ils puissent adopter la gestion la plus appropriée », explique Jean-Pierre Meffre. La dernière brique à développer sera celle dédiée au reporting. Elle devrait permettre de gagner en productivité dans le suivi des tâches au quotidien. « Par exemple, la mise en place d’un programme international de polices d’assurances peut prendre plusieurs mois, illustre Jean-Pierre Meffre. L’ensemble des processus opérationnels doit être mis en place le plus près possible de la prise d’effet » et éviter ainsi des problèmes en cas de sinistre si certains documents relatifs à la police concernée n’ont pas encore été diffusés. La mise en production devrait intervenir fin 2012. Un délai relativement court compte tenu de l’ampleur du projet. « Chaque fois qu’il a été possible, nous avons limité au minimum l’écrit pour gagner du temps en nous rendant directement dans les locaux d’Effisoft », relate Jean-Pierre Meffre. Il n’empêche que l’adoption de ce nouvel outil semble devoir surmonter, comme pour n’importe quel projet informatique, des résistances dues à la crainte du changement, des résistances d’autant plus fortes que le groupe Crédit Agricole est très décentralisé et que le déploiement de ce type d’outil pourrait être perçu comme une contrainte de centralisation.

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