Crédit Agricole fonde un village d’entreprises à Paris

le 23/01/2014 L'AGEFI Hebdo

Une centaine de start-up y seront accueillies avec des sociétés plus grandes pour jeter une passerelle entre économies réelle et numérique, au service des territoires.

Incubateur, accélérateur, pépinière… Le soutien aux jeunes entreprises est à la mode, certes, mais le projet du Crédit Agricole dépasse un peu cette ambition. La banque souhaite constituer dans son immeuble du 55 rue La Boëtie (près de 5.000 m² face à la Fédération nationale du Crédit Agricole, FNCA) un « village de l’innovation » conçu pour nouer des contacts et pour interconnecter des réseaux, un lieu de rencontre et de collaboration entre start-up, entreprises ayant atteint leur rythme de croisière, grandes sociétés de technologies, universités, écoles, organismes de recherche... Sans oublier ses propres forces, les représentants des caisses régionales en particulier.

L’objectif de cet investissement considérable : « acquérir une meilleure visibilité car le Crédit Agricole mène en permanence entre 40 et 50 projets innovants sur tout le territoire, et favoriser la transformation du groupe en le rapprochant de la dynamique entrepreneuriale, synthétise Bernard Larrivière, directeur de l’innovation de la fédération. L’immeuble sera ouvert à tous, avec un espace d’exposition au rez-de-chaussée qui permettra de montrer les technologies innovantes sur lesquelles nous travaillons. »

Il comprendra en particulier une pépinière accueillant une centaine de start-up ayant déjà au moins deux ans d’existence et un potentiel de marché bien identifié. Mais plutôt que de se concentrer uniquement sur l’innovation numérique, comme le font beaucoup de pépinières ou d’accélérateurs, le Crédit Agricole souhaite que les entreprises sélectionnées interviennent dans des secteurs d’activité plus diversifiés afin de créer un pont entre leurs idées innovantes et l’économie réelle, en particulier les quatre domaines d’excellence dans lesquels le groupe s’investit : le logement, le secteur de la santé et du vieillissement, les économies d’énergie et l’environnement, ainsi que l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. « Ce lieu sera également une porte ouverte sur Paris pour les incubateurs et les starts-up des autres régions, souvent soutenus par les chambres de commerce et d’industrie ou les pôles de compétitivité dont nous sommes souvent partenaires par ailleurs. Nous voulons être en phase avec la réalité du Crédit Agricole et créer un écosystème au service des territoires », résume Bernard Larrivière.

Accélérer sa propre transformation

Choisies par un comité de sélection accueillant des partenaires de la banque, les start-up seront accompagnées de façon individualisée notamment par des collaborateurs du Crédit Agricole, et pourront être mises en relation avec des entreprises leur offrant des débouchés ou des financements, comme par exemple les 28 fonds de capital-risque et de capital-développement du groupe mais aussi d’autres acteurs non liés à la banque verte. « L’accompagnement durera vingt-trois mois, une durée qui devrait être suffisante pour que les jeunes sociétés deviennent autonomes et assez développées pour voler de leurs propres ailes, indique Fabrice Marsella, chef du projet. Mais avant cette ultime étape, tous les habitants du village, start-up comme partenaires, devront signer une charte matérialisant leur engagement à participer à la vie du lieu en donnant du temps, en partageant son expérience et, pour les sociétés plus importantes, en apportant des financements.  »

La gestion au quotidien de la pépinière La Boëtie (voir www.pepinierelaboetie.com) sera assurée par la Pépinière 27 fondée en 2011 avec deux collaborateurs par René Silvestre, créateur du magazine L’Etudiant, et soutenu par la mairie de Paris et d’autres partenaires privés. Un choix pragmatique pour le Crédit Agricole qui reconnaît que cette activité (animation, savoir-faire, organisation des échanges) sort de son champ de compétences.

Outre cette pépinière, la banque compte faire du village un lieu de formation pour ses propres équipes mais aussi pour ses partenaires (écoles, notamment), l’idée étant de créer des modules thématiques choisis par un comité éditorial et développés avec l’Ifcam, son organisme de formation interne. L'ouverture des portes est prévue pour juin 2014. Cette nouvelle initiative d’open innovation après la constitution du CA Store et l’ouverture des données bancaires à des développeurs d’applications, illustre la volonté du groupe de faire évoluer ses méthodes et de se mettre en phase avec son environnement.

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