Le Crédit Agricole à la conquête de la clientèle britannique

le 10/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Britline, la banque à distance dédiée aux Anglais et Irlandais, les accompagne dans leur découverte des produits de crédit et d’épargne à la française.

Mi-janvier à Londres, France Show, le salon qui fait la promotion de la France auprès des Britanniques tient sa quatrième édition. A quelques pas des saucissons et autres vins français trône le stand de Britline, la banque directe créée par le Crédit Agricole de Normandie en 1999 venue promouvoir son offre complète pour assurer aux Britanniques un service sur mesure s’ils souhaitent simplement des moyens de paiement pour se faciliter la vie lorsqu’ils voyagent en France, ou plutôt y acquérir une résidence secondaire, voire principale. Britline, habituée du salon, n’hésite pas à distribuer des pommes normandes ou à faire défiler un petit robot Sony pour attirer des visiteurs sur son stand. L’heure est à la fête, mais n’enlève rien au sérieux de l’établissement qui compte aujourd’hui 65.000 clients anglais et irlandais pour 45.000 comptes à vue, le rythme d’ouverture étant actuellement d’une centaine de comptes par mois. Plus de la moitié de ses nouveaux clients arrivent par la recommandation. Ils trouvent en Britline une banque qui mise beaucoup sur le multicanal et offre à ses clients une équipe de 45 collaborateurs dont les deux tiers sont anglo-saxons. « Depuis deux ans, nous avons noté un ralentissement de l’acquisition de nouveaux clients, admet Pascal Piedagnel, directeur de Britline. Mais l’activité a repris en 2010 et nous avons accueilli 1.500 nouveaux clients qui viennent s’installer aux quatre coins de France, attirés par la qualité de vie, la possibilité d’être propriétaires à la campagne, chose devenue quasiment impossible désormais au Royaume-Uni, des temps de trajet nettement réduits, une éducation et une sécurité considérées comme meilleures en France. »

Atypique

Avoir à la banque un interlocuteur anglo-saxon facilite beaucoup leur installation et leur compréhension de pratiques françaises aussi incongrues que le prêt immobilier à taux fixe, inconnu des Anglais. En outre, le paiement des factures de gaz, d’électricité et autres utilities ne peut pas encore se faire par prélèvement sur un compte basé à l’étranger. Il faut dire également que les banques anglaises ne facilitent pas tellement les choses, avec leurs tarifs très élevés sur les opérations en devises, et par leur refus des hypothèques sur des biens hors du territoire anglais. « Les premiers produits souscrits sont le compte courant avec une ou plusieurs cartes, souligne Pascal Piedagnel, les assureurs de biens et de personnes et les produits d’épargne. Nous gérons par exemple près de 8.000 Livrets A. La collecte, de 160 millions d’euros en 2010, est trois fois supérieure aux crédits octroyés, ce qui fait de Britline une banque atypique. » La dynamique commerciale enclenchée et la confiance établie, ces clients confient rapidement à Britline le traitement de questions fiscales ou successorales, mais ils sont également très appétents aux produits d’assurances, qui nécessitent pas mal d’explication en raison des différences culturelles.

Le modèle est si convaincant, vu le niveau de la satisfaction des clients, que plusieurs caisses régionales* ont décidé de transférer la gestion de leur clientèle anglaise et irlandaise à Britline, soit 15.000 clients. A terme, Britline pourrait même devenir une filiale du groupe Crédit Agricole.

*Caisses régionales d’Aquitaine, Anjou-Maine, Touraine-Poitou et Atlantique-Vendée.

A lire aussi