La créativité foisonne dans les services financiers

le 23/02/2012 L'AGEFI Hebdo

Dans son palmarès des 50 meilleures innovations 2011, Jasmin montre une diversité de solutions qui pourraient bouleverser les habitudes des consommateurs.

Imaginez : payer en ligne en envoyant une image de votre carte bancaire par webcam, ou encore transmettre un chèque virtuel via une application mobile, et même gérer ses comptes sur Kinect… Tout cela existe ! Peu de ces solutions sont encore largement diffusées mais elles ouvrent des perspectives. Selon l’Observatoire de l’innovation à l’international Jasmin 2011, plus de la moitié des innovations dans les services financiers viennent d’Europe et près d’un tiers du continent américain, sans oublier l’Asie où la Corée du Sud est plutôt active. Depuis neuf ans, Jasmin passe ainsi en revue 250 innovations sélectionnées tout au long de l’année. Toutes sont ensuite passées au crible du « ratio COUC », une évaluation de leur contribution à la Croissance de l’entreprise, de leur Originalité, de leur Universalité ou capacité à être déployée sur divers canaux, et de leur apport aux Clients. Ce qui aboutit au palmarès des 50 meilleures innovations de l’année.

Les moyens de paiement sont l’un des champs d’application les plus riches. En Argentine, la société SmartMetric a lancé la production d’une carte bancaire équipée d’un scanner d’empreintes digitales, le porteur s’authentifie au moment de la transaction en posant le doigt sur sa carte. Aux Etats-Unis, les start-up AisleBuyer et Jumio utilisent l’image de la carte bancaire capturée par reconnaissance optique de caractères (OCR) soit sur un téléphone mobile par le commerçant, soit par webcam pour un paiement en ligne. La Caixa en Espagne a également choisi l’OCR pour son application de paiement de factures à partir de la photo du code-barres à l’aide d’un téléphone mobile. Autre idée, la société Naratte propose Zoosh, un système qui utilise les ultrasons pour valider un paiement entre deux téléphones mobiles. En France, la société Tagattitude a développé un dispositif similaire utilisé dans plusieurs pays émergents. Toujours pour sécuriser les paiements mobiles, au Royaume-Uni, Voice Commerce Group propose VoicePay, une application qui permet de valider une transaction sur mobile par reconnaissance vocale.

Pratique et ludique

En matière de services, l’un des plus originaux vient de Banque Populaire qui a commandé à Capgemini un dispositif de banque en ligne accessible via la console de jeu Kinect de Microsoft (reconnaissance de gestes). LCL vient d’ailleurs d’annoncer une autre expérimentation de la Kinect intégrée à des bornes interactives d’information activées par les gestes. Très pratique, Bank of America propose des alertes par SMS aux clients dont le compte ne serait pas assez approvisionné : plutôt que de payer des agios, le client donne l’autorisation à la banque de transférer l’argent d’un autre compte, un service mis en place suite à l’adoption d’une loi imposant aux banques d’obtenir l’autorisation des clients avant de leur facturer des frais bancaires. Diebold et une autre banque américaine testent CardLock, un service d’activation/désactivation de carte par téléphone mobile afin de renforcer la sécurité des transactions (blocage des cartes volées ou perdues, par exemple).

Biométrie

La technologie la plus étonnante est une carte bancaire développée en Russie. Fabriquée dans un polymère flexible, elle est équipée d’un microprocesseur, d’un écran, d’un clavier et d’une batterie solaire. Ses fonctionnalités : consultation de comptes, paiement sans contact mais aussi GPS pour se diriger en voiture, pour l’instant... En Espagne, Bankinter propose de passer des ordres en Bourse sur mobile en s’identifiant à l’aide d’une photo de l’iris, et Sberbank en Russie teste dans son agence du futur des guichets automatiques permettant de souscrire des cartes de crédit en libre-service ; la sécurité est assurée notamment par l’analyse vocale capable de détecter la nervosité, voire le mensonge. La biométrie est aussi utilisée par NCR dans un distributeur automatique de billets destiné aux populations illettrées de pays en développement, comme l’Inde notamment : les personnes, reconnues d’après leurs empreintes digitales, peuvent réaliser des opérations en pressant des boutons de couleur. En Chine, la Jiangsu Bank offre à ses clients d’acheter des produits sur internet et de les régler ensuite dans un distributeur automatique, afin de réduire la fraude et d’éviter l’usurpation d’identité. Et la liste est encore longue. « Plusieurs de ces technologies existent depuis longtemps, rappelle Nicolas Bertapelle, cofondateur de Jasmin. C’est leur intégration à un usage pratique du quotidien qui les transforme en innovations acceptées par les utilisateurs. Tout cela est lié au réglementaire mais avant tout à des aspects culturels. »

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