L'avis de... Enrique Perez Hernandez, professeur d’économie à l’Institut d’études boursières à Madrid

« Les créances douteuses vont moins augmenter que par le passé »

le 07/03/2013 L'AGEFI Hebdo

Le secteur financier espagnol a-t-il soldé le passé ?

Non. Il y aura d’autres provisions en 2013, en raison du taux de chômage, de la récession économique et de la contraction du crédit. Les créances douteuses vont augmenter, mais pas dans la même proportion que par le passé car tout était concentré sur l’immobilier et la construction. A l’avenir, il faut que la réduction de l’endettement continue.

Un groupe comme Santander fait-il exception ?

Le secteur bancaire a enregistré 14 milliards d’euros de pertes en 2011 et 63,5 milliards en 2012. Ces terribles montants s’expliquent par les provisions qui plombent les établissements qui font environ 90 % de leur chiffre d’affaires en Espagne. Ce n’est pas le cas de Santander. Le total de provisions du groupe s’élève à 18,8 milliards d’euros, dont 6,5 milliards pour l’immobilier, en 2012. Pour Santander, c’est relativement peu.

Comment en est-on arrivé là ?

Pendant les trois premières années de la crise, les autorités espagnoles n’ont pas voulu reconnaître la situation critique dans laquelle se trouvaient les caisses d’épargne et certaines banques. Luis de Guindos, ministre de l’Economie, a décidé en 2012 de procéder à un grand nettoyage, avec 84 milliards d’euros pour toutes les caisses d’épargne et les banques. Le total de l’effort d’assainissement du système espagnol réalisé en un an représente un total de pertes de 63,2 milliards d’euros. C’est énorme.

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