Rencontre avec... Pierre Mariani, administrateur délégué de Dexia

« Les conditions de marché rendent plus difficile la cession de certaines activités »

le 14/07/2011 L'AGEFI Hebdo

Réussir les « stress tests » européens vous permettra-t-il de rassurer sur votre solidité ?

Nous attendons leur publication avec sérénité. Nous figurions déjà parmi les banques les mieux capitalisées l’an dernier. Depuis, notre ratio de fonds propres Tier one a encore augmenté pour atteindre 13,4 % à fin mars. Cela nous permet d’encaisser des chocs sévères. Certains analystes voudraient en outre nous appliquer dès maintenant les normes de Bâle III, alors que nous respectons parfaitement les règles en vigueur aujourd’hui. Certes, nos réserves AFS (les actifs disponibles à la vente, NDLR) négatives pèseront à l’avenir sur notre ratio de fonds propres, mais elles continuent à diminuer à mesure que nous vendons des actifs.

Votre exposition à la Grèce est-elle gérable ?

Elle est substantielle, mais absorbable. Avec un haircut (décote des obligations grecques, NDLR) de 60 % - ce qui n’est pas une option aujourd’hui -, notre ratio de fonds propres serait encore supérieur à 11 %. Seuls 500 millions d’euros environ de notre portefeuille de titres grecs arriveront à échéance d’ici à trois ans et seraient concernés par une reconduction de la dette du pays. Un report de ce plan à la rentrée de septembre ne serait pas très grave, mais nous préférerions qu’une solution soit trouvée avant la clôture des comptes du deuxième trimestre. Nous avons posé plusieurs préalables à un accord : un éclaircissement du traitement comptable, l’éligibilité des titres au refinancement de la Banque centrale européenne et une meilleure visibilité sur l’avenir de l’économie grecque.

Voulez-vous amender le plan de restructuration négocié avec la Commission européenne ?

Les discussions avec Bruxelles sont constructives, mais les conditions de marché actuelles rendent plus difficile la cession de certaines activités.

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