Coface opère une profonde rupture dans son modèle opérationnel

le 29/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Outre le recentrage de ses activités, la compagnie s’est dotée d’une nouvelle organisation géographique autour de huit plates-formes régionales.

Changement de cap radical pour Coface. Huit mois après avoir succédé à Jérôme Cazes, Jean-Marc Pillu, directeur général de la filiale d’assurance-crédit de Natixis, a entamé une mue profonde de l’entreprise. Le temps de la diversification est révolu. L’heure est au recentrage sur le cœur de métier. « Nous avons constaté que la stratégie du passé devait être infléchie, assume Jean-Marc Pillu. Ce qui était présenté comme un avantage compétitif était finalement un élément de différenciation négatif. Surtout, nous n’avions pas assez de capital ni de capacités internes pour développer quatre métiers de manière profitable. » De fait, après l’abandon du projet d’agence de notation, chère à son prédécesseur, Jean-Marc Pillu a mené une vaste revue stratégique des activités du groupe « en regardant quelles étaient leurs synergies avec notre métier cœur, l’assurance-crédit et la rentabilité de ces métiers au regard des capitaux investis », précise-t-il.

Sortie massive de l’affacturage

Le couperet est finalement tombé sur les services pour compte de tiers, à savoir le recouvrement et la vente d’informations financières. « Nous préférons acheter cette information plutôt que la produire, souligne Jean-Marc Pillu. Quant au recouvrement, il est nécessaire à l’assurance-crédit, mais n’a pas vocation à être développé pour le compte de tiers. » L’objectif est clair : rendre ces activités indépendantes afin de les sortir progressivement du giron du groupe. « Elles sont en cours de restructuration et en train de prendre leur autonomie », annonce-t-il. Pour certaines, les processus de cessions ont d’ores et déjà été lancés.

Le groupe réduit également la voilure de manière drastique en affacturage. « C’est un métier à forte valeur ajoutée mais la question était de savoir s’il était pertinent de vouloir le développer mondialement », note Jean-Marc Pillu. Exerçant cette activité dans une vingtaine de pays, Coface a finalement décidé de le conserver uniquement en Allemagne et en Pologne, où la compagnie est respectivement numéro un et numéro deux du marché. « Ces deux pays représentent les deux tiers du chiffre d’affaires de l’affacturage, qui ne pèse que 7 % dans l’activité du groupe, et l’intégralité de notre rentabilité dans ce métier, détaille-t-il. Développer ce métier dans d’autres pays aurait été très consommateur de capitaux. » En parallèle, Coface cherche de nouvelles sources de financement pour cette activité afin d’être autonome vis-à-vis de sa maison mère, pour qui la compagnie n’est plus stratégique. « C’est ainsi que nous préparons, par exemple, un programme de titrisation pour la fin de l’année permettant de couvrir une partie des besoins de financement de l’activité affacturage », confie Jean-Marc Pillu.

Réorganisation géographique

Au total, ce plan de recentrage, dont la finalisation est prévue au premier semestre 2012, tire un trait sur 11 % du chiffre d’affaires du groupe, soit entre 150 et 200 millions d’euros, et impacte directement plus de 25 % de ses effectifs. « Cette stratégie permettra d’optimiser la rentabilité du groupe, relève Jean-Marc Pillu. Nous économisons 15 % de capitaux propres pour 11 % de l’activité cédée. »

Ce plan de recentrage s’accompagne d’une sérieuse réorganisation géographique, lancée dans les premiers mois de l’arrivée du nouveau directeur général. « Elle est aujourd’hui axée autour de huit plates-formes régionales, avance Jean-Marc Pillu. Au niveau du groupe, il existe des directions fonctionnelles transversales - commercial, arbitrage, finance, informatique, juridique, communication - avec un correspondant dans chaque plate-forme régionale. »

Une manière pour Coface de se parer de ses meilleurs atouts alors que son avenir se situe de plus en plus en dehors de Natixis. Toutefois, « compte tenu de l’ampleur des réorganisations, une introduction en Bourse était inenvisageable en 2011, souligne Jean-Marc Pillu. Désormais, la perspective est pour 2012, sous réserve de conditions de marchés favorables. Bien que n’étant plus stratégique pour Natixis depuis août 2009, nous continuons à travailler en bonne intelligence avec notre actionnaire. »

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