L'avis de... Cyril Meilland, analyste chez CA Cheuvreux

« Le CIF a uniquement un problème de liquidité »

le 28/06/2012 L'AGEFI Hebdo

Quel est l’intérêt de La Banque Postale à reprendre le CIF ?

La Banque Postale s’est lancée dans le crédit immobilier en 2006. Avec l’apport du CIF, elle pourrait dynamiser sa part de marché dans cette branche et rééquilibrer son bilan. Structurellement, elle dispose d’un excès de dépôts. Or le CIF a une structure complètement inverse. Par ailleurs, La Banque Postale pourra avoir accès à d’autres réseaux de distribution. Mais pour l’instant, rien n’est fait. Avant qu’elle n’officialise son étude du dossier, c’est l’Etat actionnaire qui l’a vivement incitée à le regarder. La question est de savoir si la direction a vraiment la capacité de dire non.

Quelle contrepartie ?

La contrepartie est un profil de risque plus élevé avec notamment une clientèle qu’elle ne connaît pas. Les prêteurs spécialisés ont une clientèle plus modeste en termes de revenu et de patrimoine. Toutefois, cela offre davantage de flexibilité avec notamment une importante part de taux variable (alors que La Banque Postale fait surtout du taux fixe) et donc des prêts plus chers.

Le moment est-il mal choisi alors qu'elle prend aussi part au sauvetage de Dexia ?

Le cas Dexia est différent. La Banque Postale n’a pas récupéré le portefeuille, mais l’activité uniquement. L’adossement du CIF serait plus important en termes de consommation d’actifs et de place dans le bilan. Toutefois, contrairement à Dexia, le CIF n’a pas de problème de solvabilité ou de qualité d’actifs mais un problème de liquidité uniquement, ce qui devrait faciliter son intégration en cas de reprise.

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