L’avis de... Philippe Autin, trésorier de Presstalis

« Un chantier gigantesque »

le 15/11/2012 L'AGEFI Hebdo

Quel bilan tirez-vous de l’adoption du virement Sepa* que vous venez d’achever ?

Nous avons mis en place tout au long de 2012 les virements Sepa, en France et en Europe. Hormis quelques adaptations pour le passage des virements de type Vcom dans la messagerie bancaire Ebics TS, les opérations ont été faciles. Les gains obtenus sont importants. Les paiements Sepa nous évitent les coûts des virements internationaux. En outre, nous avons gagné un jour de valeur sur les virements « Afb 160 » car le fournisseur en virement Sepa est crédité le même jour que notre compte est débité, comme s’il s'agissait d’un virement de trésorerie. Le fournisseur reçoit des relevés de compte enrichis qui facilitent les rapprochements avec les factures payées.

Quelles difficultés pose la mise en place du prélèvement ?

Les prélèvements représentent un chantier gigantesque. Ainsi, le format Sepa n’est pas encore compatible avec notre ERP (outil comptable et de gestion intégré, NDLR) et nous aurons besoin d’un autre logiciel pour le traitement préalable du mandat. En outre, les formats sont différents selon les pays européens. La gestion du mandat échoit à l’entreprise, ce qui implique de ressaisir l’autorisation de prélèvement, d’envoyer l’ordre à la banque en format XML et de gérer les archives des mandats. Je vois mal comment les entreprises seront prêtes en 2014, sachant que les banques ne se sont pas encore manifestées pour nous épauler, malgré les 15.000 à 16.000 prélèvements que nous réalisons chaque semaine. Avant de nous lancer dans un tel projet, nous attendons donc de connaître les propositions et retours d'expériences de nos différentes banques. Pour nous conformer malgré tout à la date butoir, nous tablons sur une offre de gestion du mandat qui serait en préparation chez Sage ou sur le maintien du système actuel de prélèvement par les banques au-delà de la date butoir.

*Single Euro Payments Area.

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