Cetelem se donne une nouvelle vocation d’éducation

le 02/12/2010 L'AGEFI Hebdo

La fondation de la filiale de BNP Paribas offre à quelques associations partenaires des modules de formation budgétaire ciblant les jeunes.

Au-delà d’une nouvelle image plus responsable que l’établissement cherche à se construire, Cetelem passe à l’acte. Partant du constat d’un manque criant d’éducation à l’économie des Français et sans doute lassé d’être stigmatisé en tant que spécialiste du crédit, la marque s’engage dans la pédagogie par l’intermédiaire de la Fondation Cetelem, créée en 1992 sous l’égide de la Fondation de France. Cette fondation se donne pour nouvelle mission de diffuser une culture financière de base en utilisant les relais adéquats, cinq associations (Agir ABCD, Aurore, Cresus, Fondation Agir contre l’exclusion et Secours Catholique) qui œuvrent pour l’insertion de personnes en difficulté, les jeunes en particulier. L’idée n’est pas neuve : avant cette initiative de Cetelem, Finance & Pédagogie avait été créée par les Caisses d’Epargne il y a plus de cinquante ans dans ce but, poursuivi également par l’Institut pour l’éducation financière du public (IEFP), fondé en 2006 sous l’impulsion de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et avec le soutien d’Euronext. Malgré leur travail, le niveau de connaissance et de compréhension de la matière économique est resté assez faible en France, ce qui pourrait être à l’origine de comportements inadéquats comme une accumulation de crédits en décalage avec la capacité de remboursement par exemple.

Légitimité

La Fondation Cetelem propose donc six modules pédagogiques comprenant un guide de référence pour les formateurs, des supports de présentation qui peuvent être remis aux personnes formées, et des fiches d’exercices avec leurs corrigés. Les thèmes : l’utilisation du compte courant, les moyens de paiement, la construction puis la gestion d’un budget, le financement d’un projet et enfin, la prévention et le traitement du surendettement. La filiale de BNP Paribas s’estime légitime dans la réalisation de tels modules, car « les salariés de Cetelem sont des experts du budget familial, des difficultés que l’on peut rencontrer et des solutions que l’on peut y apporter, souligne Bruno Salmon, président de BNP Paribas Personal Finance et de la Fondation Cetelem. Et cela ne s’apprend pas à l’école mais dans la vie de tous les jours. C’est ainsi que nous avons conçu ces programmes pédagogiques simples et efficaces, mais nous ne sommes pas les mieux placés pour les diffuser. » En particulier dans les écoles où les marques commerciales sont rarement bienvenues, ce que parviennent mieux à faire les associations à but non lucratif.

« Surtout, complète Catherine Sainz, secrétaire générale de la Fondation Cetelem, nous sommes très disponibles pour travailler avec elles et adapter le contenu de ces modules aux différents publics qu’elles peuvent toucher. » Par exemple, la représentation de la Fondation Agir contre l’exclusion (FACE) à Perpignan a demandé que les supports soient revus pour un public de collégiens. Une autre représentation souhaite la même chose pour parler à des intérimaires. De même, l’association Cresus (aide aux personnes surendettées), qui s’est alliée récemment avec plusieurs établissements de crédit pour prévenir ou traiter les cas de surendettement, demande l’adaptation des modules à un public de jeunes pris en charge par l’Armée de Terre. « Notre but est de les rendre autonomes et de les aider à se projeter dans l’avenir, et ce type d’approche pédagogique nécessite une grande objectivité », insiste Jean-Louis Kiehl, président de Cresus.

Partager ses compétences

Même si les supports portent le logo de la Fondation Cetelem, il n’est pas question de faire de la publicité. Le but est bien la pédagogie, et des salariés de l’établissement pourront également intervenir aux côtés des associations. « Cette initiative a été présentée en interne à nos salariés qui y voient une reconnaissance de leur expertise et qui peuvent, s’ils le souhaitent, s’investir sur le terrain », ajoute Bruno Salmon.

Bien que ce projet en soit à ses tous débuts et le public encore limité à quelques centaines de personnes, Cetelem veut ainsi prouver son engagement dans un projet d’intérêt général qui espère aller au-delà de son intérêt particulier en tant qu’entreprise commerciale. Au dire de plusieurs observateurs du secteur, c’est une nécessité désormais pour les acteurs financiers de montrer qu’ils peuvent se rendre utiles à la société.

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