Carrefour Banque soutient l’activité de l’enseigne en France

le 13/03/2014 L'AGEFI Hebdo

La filiale bancaire du groupe de distribution est représentée dans chaque magasin et met l’accent sur le multicanal.

Photo : Bloomberg

Carte de paiement ou bancaire, crédit à la consommation, assurance des biens et des personnes, garanties de remplacement, assurance-vie, compte à terme… On trouve (presque) tout chez Carrefour Banque. La filiale bancaire européenne du groupe de distribution a mené à bien sa stratégie de « diversification de l’offre » en France, son principal marché, où elle propose aujourd’hui une large palette de produits financiers « accessibles et performants, à prix attractifs », avance-t-elle. Dernier lancement à destination de sa cible grand public : un compte sur livret proposé en octobre 2012 qui a collecté plus de 650 millions d’euros en trois mois. Cette épargne de bilan lui permet de diversifier les sources de refinancement et de se préparer aux ratios de Bâle 3.

Née en 1981 avec la Société des Paiements Pass (S2P) et les premières cartes de crédit Pass, la branche financière de Carrefour devient Carrefour Banque en 2011, après le rapprochement des réseaux S2P et Carrefour Assurances. Cet établissement, détenu à 60 % par le groupe Carrefour et à 40 % par BNP Paribas Personal Finance, a peu à peu diversifié ses sources de profitabilité depuis, et ainsi résisté à la crise de 2008. Cette stratégie permet de « maintenir un équilibre économique en termes de revenus d’intérêts et de commissions touchées, tout en préservant la pérennité du modèle », souligne le rapport financier de 2012. En France, le résultat de Carrefour Banque a cependant « un petit peu diminué  » en 2013, « année d’impact de la loi Lagarde », selon Pierre-Jean Sivignon, directeur exécutif finances et gestion du groupe. La « contrainte réglementaire » que représente cette loi sur le crédit à la consommation (réforme de l’usure) a un impact sur son activité historique, comme sur celle d’autres acteurs.

Carrefour Banque et ses 1.880 collaborateurs sont cependant au rendez-vous de leur «  mission première » : « soutenir et développer le chiffre d’affaires de l’enseigne ». Son activité globale « reste évidemment tout à fait profitable et contribue au résultat opérationnel à hauteur de 18 %. Elle contribue financièrement, mais aussi en apportant du trafic », précise Pierre-Jean Sivignon. En effet, Carrefour Banque dispose de 211 agences en France (et de 23 en Italie) et est présente dans les 234 hypermarchés du pays, où les clients font des achats et choisissent des solutions de financement.

Perte de vitesse

 

La carte Pass Mastercard lancée en 2009 avec une technologie de paiement sans contact est en revanche en perte de vitesse depuis quelques années. Oney Banque Accord, la seule autre banque de distributeur qui propose une large gamme de produits en France a pris l’avantage sur le volet des innovations monétiques et de paiement, avec du cash-back (rétrocession d’argent sur les dépenses) sur tous les achats depuis juin 2013, un pilote de signature électronique, un test de solution de paiement mobile tout en un, et une expérimentation de paiement biométrique. La filiale à 100 % du groupe Auchan tire sa croissance de la diversification des activités, surtout dans ses filiales internationales. Elle pèse cependant moins que Carrefour Banque, dont le PNB s’élevait à 551 millions d’euros mi-2013, contre 184,1 millions d’euros pour Oney Banque Accord. En outre, les encours de crédit de la première représentent plus du double de ceux de la seconde.

Carrefour Banque se doit néanmoins d’agir. Elle entend désormais innover sur le multicanal, après avoir lancé une nouvelle version de son site Internet et une application mobile en 2012. La première étape d’un projet de e-commerce doit par ailleurs être lancée par le groupe Carrefour en France en avril.

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