Le CA Store innove comme promis

le 09/05/2013 L'AGEFI Hebdo

Lancée il y a un an, la plate-forme de développement en co-création propose déjà de nombreuses idées et quelques applications intéressantes.

Pas mal pour une « innovation mondiale » ! Le CA Store, lancé il y a un an, a déjà été distingué par deux récompenses : le prix de l’innovation technologique, remis par l’Association française de la relation client, en octobre 2012, et le Finovate Best of Show Award 2013 décerné en février dernier lors de la conférence Finovate Europe où banquiers, investisseurs, analystes et éditeurs votent pour les meilleures innovations pour la banque et la finance. Pour mémoire, le CA Store comprend une plate-forme de développement (SDK, software development kit) dédiée à ceux qui souhaitent travailler sur de nouvelles applications web et mobiles liées à la banque. Ils disposent d’un accès à des données bancaires réelles dans un environnement sécurisé pour tester leur projet et d’un moyen de communiquer avec les clients du Crédit Agricole qui peuvent aussi proposer leurs idées ou évaluer les applications qui leur sont proposées.

Le Crédit Agricole a également créé une coopérative, Les Digiculteurs, afin de rémunérer les développeurs en fonction de l’utilisation de leur application par les clients de la banque. Aujourd’hui, la coopérative comprend une vingtaine de « digiculteurs », essentiellement des entreprises spécialisées dans le développement d’applications, mais aussi IBM qui s’est laissé tenter par ce nouveau mode d’innovation en communauté. Une trentaine d’autres développeurs s’entraînent également sur le SDK.

Sécurité et visibilité

Pour Michel Goutorbe, directeur général adjoint de la Fédération nationale du Crédit Agricole, en charge de l’innovation, le bilan est nettement positif : « Nous avons fait la preuve que le modèle fonctionne et que la sécurité est au rendez-vous, estime-t-il. Le CA Store reçoit 100.000  visiteurs uniques par mois, le nombre de clients est volontairement maîtrisé pour l’instant, les revenus des développeurs sont donc encore modestes. En revanche, être sur le CA Store est un bon moyen de se faire connaître pour les petites entreprises récentes qui travaillent souvent en sous-traitance pour des agences plus importantes »

25 applications sont déjà commercialisées et plus de 80 idées de développement enrichissent le catalogue du CA Store. MonBudget, l’application de gestion des finances personnelles de la banque, reste la plus téléchargée, mais d’autres peuvent séduire : GeoFacto pour géolocaliser ses achats d’après les factures de carte bancaire, MyCA, l’application bancaire classique en plusieurs langues pour les clients étrangers, MonBudgetSanté pour suivre ses cotisations et ses remboursements de soins médicaux, EasyNotedeFrais pour créer ses notes de frais et suivre les remboursements, ou encore Bankly pour personnaliser ses données bancaires de façon claire et esthétique. Les idées sont légion, recueillant plus ou moins de suffrages : Ma Carte Bancaire, pour savoir où en sont paiements et retraits par rapport aux plafonds, est bien soutenue.

De même que les applications permettant d’encaisser un chèque à partir de sa photo prise sur smartphone. Le catalogue affiche aussi des services pratiques comme un convertisseur de devises pour savoir précisément combien a coûté un retrait à l’étranger, WhatsThatLine pour retrouver la dépense correspondant à telle ligne du relevé bancaire, MesBijoux pour conserver ses preuves d’achat sous format numérique… « Nous allons développer un dispositif permettant d’effectuer des virements et aller vers une nouvelle génération d’applications plus en phase avec les jeunes consommateurs qui aiment être autonomes, partager leurs coups de cœur sur les réseaux sociaux, être avertis en amont d’un risque de découvert..., annonce Michel Goutorbe. L’objectif est de laisser libre cours à l’imagination des clients et de faire des choses auxquelles nous, banquiers, ne pensons pas naturellement. » En parallèle, les ateliers de co-création, réunissant digiculteurs et clients dans le but d’échanger leurs idées, se poursuivront régulièrement.

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