BPCE se lance dans la monnaie électronique avec S-money

le 12/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Avec un smartphone et une application à télécharger, le groupe bancaire propose un moyen de paiement simple au quotidien.

Il aura fallu dix-huit mois, 3 millions d’euros et une mobilisation intense pour créer S-money, un nouveau moyen de paiement créé par BPCE et agréé le 2 avril dernier par l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) en tant qu’émetteur de monnaie électronique. S-money, c’est un peu la réconciliation entre le réel et le virtuel : un porte-monnaie électronique sur smartphone. « Ses usages sont multiples, avance Olivier Klein, directeur général banque commerciale de BPCE. S-money permet d’envoyer de l’argent instantanément entre particuliers, de participer à un cadeau commun, de payer un achat livré à domicile, une prestation à domicile, un artisan venu faire un devis et même un taxi, ou encore de payer ses achats en magasin, mais aussi sur des sites web. Il faut une multiplicité d’usages pour que l’adoption soit rapide et massive. »

Pour faciliter cette adoption, les équipes de BPCE ont voulu un produit simple à l’usage comme à l’enregistrement grâce à une application mobile gratuite téléchargeable de l’AppStore ou sur Google Play pour Android. L’enrôlement se fait sur le téléphone : à chacun de choisir son mot de passe à six chiffres et de charger son porte-monnaie par un paiement carte dans un premier temps, mais il devrait être possible de le faire par d’autres moyens prochainement. Le processus devrait d’ailleurs être ajusté en fonction des premiers retours d’expérience.

Autre avantage, selon BPCE, le paiement est instantané, les fonds sont immédiatement disponibles dès la confirmation : c’est ce qui permet de payer en magasin, au restaurant ou à la livraison. Le paiement est signalé sur le smartphone des vendeurs ou sur la caisse reliée à internet. Olivier Klein insiste également sur la sécurité du service qui évite de transporter de l’argent liquide ou des chèques, et sur la garantie de paiement puisque le système repose sur le prépaiement : ne peut être dépensé que l’argent qui a été chargé.

Enseignes complémentaires

A la différence des « wallets », les portefeuilles électroniques comme PayPal, Buyster ou Kwixo qui sont des extensions technologiques permettant l’utilisation de la carte bancaire pour payer essentiellement sur les sites web marchands avec une cinématique simplifiée, S-money est un espace virtuel dans lequel on stocke la somme que l’on souhaite. Si un achat dépasse le montant disponible dans S-money, l’application propose automatiquement le rechargement avant d’émettre le paiement. Surtout, le service est gratuit pour les particuliers et ouvert à tous, quelle que soit sa banque…

Toute l’économie de S-money repose en fait sur le commerçant qui devra payer une commission forfaitaire sur les montants payés (et non au nombre de transactions), une façon d’inciter à l’usage pour les petits montants. D’ailleurs, les paiements de biens et services seront limités à 1.500 euros et les transferts d’argent entre particuliers à 500 euros. L’intérêt pour les marchands réside dans la possibilité de gérer sa base de données clients à travers ce moyen de paiement : BPCE leur proposera sous peu d’envoyer aux clients qui le souhaitent des offres promotionnelles, des réductions, des animations, mais aussi de les géolocaliser, s’ils ont donné leur autorisation. « L’avantage par rapport à Facebook, note le propriétaire d’un restaurant parisien volontaire pour tester le dispositif, c’est que l’on pourra solliciter des personnes qui sont réellement à proximité au lieu d’envoyer nos offres et nos menus à tous nos amis qui sont parfois à l’autre bout du monde, ce qui n’a aucun intérêt. » En outre, ce restaurateur voit en S-money un moyen de paiement toujours dans la poche et un service qui permettra aux grandes tablées de faire leurs comptes entre soi au lieu de mobiliser la caisse pour les paiements séparés. Enfin, il espère déjà faire des économies en utilisant directement S-money pour payer ses propres fournisseurs. De nouveaux usages devraient ainsi voir le jour au fur et à mesure de l’identification des besoins.

Pour déployer ce service, BPCE mise également sur la complémentarité de ses réseaux : d’un côté, les Caisses d’Epargne comptent 26 millions de clients, de l’autre, les Banques Populaires sont présentes auprès d’un commerçant sur trois. Bien coordonnées, les deux enseignes devraient parvenir à séduire une base importante de clients, acheteurs et accepteurs.

A lire aussi