BNP Paribas opte pour la continuité à l’heure de défis majeurs

le 19/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Réseau. Seule banque cotée française à avoir échappé à une valse de son état-major pendant la crise, BNP Paribas a orchestré sans fausse note le départ de Michel Pébereau, 69 ans. La partition était connue : patron du groupe depuis sa nationalisation en 1993, il laisse la présidence à Baudouin Prot, directeur général depuis 2003 (lire page 64). Annoncé le 11 mai en assemblée générale, le passage de relais aura seulement lieu le 1er

 décembre. Jean-Laurent Bonnafé prendra alors la direction générale du groupe, après 18 années de maison. Il ne devrait pas infléchir fortement le modèle de la banque, sortie gagnante de la crise : troisième en Europe par sa capitalisation, elle est deuxième par ses résultats au premier trimestre, derrière HSBC.

Comme son prédécesseur, Jean-Laurent Bonnafé était à la tête de la banque de détail, premier pôle du groupe (51 % des revenus à fin mars). De 2006 à 2010, sa croissance a été portée par le rachat de BNL en Italie puis de Fortis, mais BNP Paribas manque de relais forts hors d’Europe occidentale : aux Etats-Unis, BancWest reste convalescent, comme le réseau ukrainien. Le groupe mise en revanche sur la Turquie, principal pays de sa zone Méditerranée-Afrique. Reste à savoir si le patron du réseau français, François Villeroy de Galhau, prendra la place de Jean-Laurent Bonnafé.

Deuxième incertitude, la succession de l’autre directeur général délégué, Georges Chodron de Courcel, éligible à la retraite en 2012. Fins connaisseurs de la maison, ses dauphins Jacques d’Estais (gestion et assurance) et Alain Papiasse (banque de financement et d’investissement) avaient échangé leurs fonctions en 2009. La banque d’affaires pourrait d’ailleurs pâtir du départ de Michel Pébereau, son meilleur représentant. A la veille de Bâle III, BNP Paribas pourrait encore profiter de son influence, notamment auprès des autorités, en le nommant par exemple à son conseil d’administration.

A lire aussi