L'avis de... Sebastian Dovey, managing partner chez Scorpio Partnership*

« BNP Paribas est à même de devenir un opérateur de premier plan »

le 17/01/2013 L'AGEFI Hebdo

Dans quelle catégorie jouent les banques privées françaises ?

Elles ne figurent pas de façon constante parmi les champions de la gestion de fortune. Cependant, BNP Paribas est le plus à même de devenir un opérateur de premier plan et a fréquemment figuré dans le Top 10 mondial en termes de volume d’activité. L’an dernier, il était classé 11

e, Crédit Agricole 15eet Société Générale 22e(selon les données à fin 2011 compilées par Scorpio Partnership, NDLR). BNP Paribas dispose des mêmes compétences, produits et services que les plus grandes institutions. Comme Société Générale, il couvre un champ très large à l’image des grands acteurs comme HSBC, Bank of America Merrill Lynch et Morgan Stanley. Crédit Agricole est au contraire beaucoup plus concentré en Europe, principalement en France et en Suisse. Il était sans aucun doute plus proche de BNP Paribas il y a 15 ans à travers le réseau Indosuez.

Les acteurs français ont-ils de fortes ambitions ?

Il y a quelques années, ils voulaient tous doubler leurs encours sous cinq ans. Ces objectifs, déjà très ambitieux, sont devenus caducs avec la crise. Les banques françaises n’ont pas non plus fait de grandes acquisitions (à l’exception de Fortis pour BNP Paribas, NDLR). Les américaines et les suisses seront certainement les plus actives en matière de consolidation. Les françaises sont simplement relativement bien placées pour conserver leurs positions.

Quelle est leur stratégie désormais ?

Comme les autres, elles réexaminent leur base de coûts car leurs forces commerciales n’ont pas levé suffisamment de nouveaux actifs. Les françaises sont connues pour leurs produits très sophistiqués et en ont profité lorsque la demande était là, mais celle-ci a chuté en 2009 et reste très faible. Elles essaient aussi d’ajuster leurs plates-formes aux besoins des clients qui sont finalement assez similaires à ceux de la banque de détail, même si les produits sont plus complexes. Elles développent pour cela des outils digitaux ou à distance. Comme le reste de l’industrie, les banques françaises se battent enfin pour que leur gestion de fortune travaille davantage avec leur division de banque d’investissement.

*Cabinet de conseil londonien.

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