Dossier Services non bancaires

Les banques poursuivent leur essor dans l’assurance-dommages

le 07/02/2013 L'AGEFI Hebdo

De quelque 16 % actuellement, leur part de marché devrait atteindre 25 % à 28 % d’ici à quinze ans sur le créneau des particuliers.

Renforcement de l’image et de l’approche services, fidélité accrue du client grâce au multi-équipement… : autant de facteurs qui, depuis plusieurs années, poussent les banques à accroître leur poids dans l’assurance-dommages en France. « Dans la perspective de Bâle 3, cette activité se révèle faiblement consommatrice en fonds propres », indique Thierry Langreney, directeur général de Pacifica, filiale dédiée de Crédit Agricole Assurances.

Si certaines se développent sur le créneau des professionnels, les banques se révèlent essentiellement présentes sur le segment des particuliers (plus de 90 % de l’activité en moyenne). « L’assurance-dommages de particuliers continue à se développer de manière très régulière dans les banques à réseaux, estime Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures. Entre 2006 et 2010, celles-ci ont capté 35 % de la croissance nette du marché. Leur part de marché, qui avoisine désormais les 16 %, devrait monter d’ici à une quinzaine d’années à 25 %-28 %. Les banques sont toutes présentes sur la multirisque habitation, activité assez naturelle dans le sillage du prêt immobilier. Mais l’assurance automobile constitue le nerf de la guerre, permettant de conquérir et de garder le client. » Le gain de part de marché des bancassureurs, de l’ordre d’un point de base par an sur la multirisque habitation, avoisine les 0,7 % en assurance automobile.

Crédit Mutuel et Pacifica dominent

Les bancassureurs historiques conservent logiquement une belle longueur d’avance. Pionnier en France avec plus de quarante ans dans la bancassurance, Crédit Mutuel affichait sur 2011 un chiffre d’affaires dans le dommage de 3,8 milliards d’euros (incluant l’international), en hausse de 15,2 %. Autre poids lourd du secteur, Pacifica, présent sur le marché depuis 1990, enregistrait sur la même période une croissance de 9,5 % à 2,3 milliards. Sur les neuf premiers mois de 2012, la filiale de Crédit Agricole Assurances, qui totalise plus de 9 millions de contrats, a vu son activité progresser de 6,6 % à 1,9 milliard d’euros. « Nous servons exclusivement les clients du Groupe Crédit Agricole, dont le taux d’équipement s’élève à 25 %-30 %, précise Thierry Langreney. La poursuite du rythme de croissance, de l’ordre d’un point par an, me paraît réaliste pour les années à venir. »

Face à ces deux ténors, BPCE Assurances monte en puissance. La filiale d’assurance non-vie du Groupe BPCE pour le compte du réseau Caisses d’Epargne et des banques associées (Crédit Foncier de France et Banque BCP) a ainsi dépassé l’an dernier le cap des 600.000 contrats vendus. Après une hausse de 10,3 % sur 2011, l’activité de BPCE Assurances a enregistré en 2012 une croissance similaire de son activité, à 608 millions d’euros. La Banque Postale est par ailleurs venue renforcer la forte concurrence du marché, en lançant fin 2010 une gamme dédiée aux particuliers. La Banque Postale Assurances IARD, créée en partenariat avec Amaguiz, filiale de vente sur internet de Groupama, totalisait 450.000 contrats à fin octobre.

L’ascension des bancassureurs s’opère dans un marché en croissance. Contrairement à l’assurance de personnes, « l’assurance de biens et de responsabilité a enregistré pour la deuxième année consécutive une hausse soutenue en 2012 », déclarait fin janvier Jean-François Lequoy, délégué général de la FFSA (Fédération française des sociétés d’assurances). Après une hausse de 4,2 % en 2011, les cotisations perçues par l’ensemble des assureurs-dommages ont progressé de 4 % à 49,8 milliards d’euros. Toutefois, l’effet prix joue environ pour moitié. Sur le segment des particuliers, les cotisations ont également crû de 4 % à 29,6 milliards d’euros.

L’essor des bancassureurs ne s’est pas réalisé au détriment de leur rentabilité, ceux-ci misant sur les garanties plutôt que sur l’argument prix (voir le tableau). « Nous restons très compétitifs, grâce à une forte maîtrise de nos charges, tant en termes de gestion des sinistres et des contrats que de commercialisation », confie par ailleurs Thierry Langreney. Sur 2011, le résultat net de Pacifica est passé de 31 à 108 millions d’euros et totalisait 58 millions à fin septembre 2012. Celui de BPCE Assurances enregistrait en 2011 une progression de 83,5 % à 24,4 millions. « Les opérateurs ayant les coûts les plus bas en assurance-dommages de particuliers sont les bancassureurs, qui disposent de processus très intégrés et affichent la meilleure productivité commerciale, explique Cyrille Chartier-Kastler. Ils ont en revanche un taux de chute très élevé lié à un manque de suivi. » Ce taux, qui représente le nombre de contrats résiliés rapportés au portefeuille, varie généralement de 16 % à 22 % chez les bancassureurs, contre moins de 10 % dans certaines mutuelles sans intermédiaires. 

A lire aussi