L’avis de… Anthony Schulhof, président de De Rhins, conseil en optimisation de frais bancaires

« Les banques ont encore de la marge »

le 27/10/2011 L'AGEFI Hebdo

Est-ce que les banques répercutent la baisse de la Commission interbancaire de paiement (CIP) auprès de leurs clients entreprises ?

D’après la décision de l’Autorité de la concurrence, elles n’y sont pas obligées. Répercuter cette baisse reste du ressort de la politique commerciale de chaque établissement. Néanmoins, nous estimons que 25 % à 30 % des sociétés françaises ont bénéficié de la réduction de la CIP. Certaines banques, comme BNP Paribas ou LCL, ont souhaité en faire bénéficer naturellement leurs clients les plus importants en monétique, afin de s’assurer de leur fidélité future. D’une façon générale, les grands remettants sont plutôt bien traités par les banques. Dans le cas de certaines sociétés qui bénéficiaient déjà de bonnes conditions tarifaires, leurs banques ont pu réduire leur commission sans répercuter l’intégralité de la baisse de la CIP. Reste que de grandes sociétés ne sont toujours pas au courant de cette réforme et n’ont pas engagé de négociation.

Que recommandez-vous aux entreprises ?

Nous avons informé tous nos clients par e-mail dès le 7 juillet, date de la décision de l’Autorité de la concurrence, et nous continuons à diffuser l’information en encourageant les entreprises à renégocier avec leurs banques sans attendre, quitte à demander la rétroactivité de la réduction. Les banques les moins exposées à une perte de chiffre d’affaires issu de la CIP, comme BNP Paribas, Société Générale ou LCL, peuvent accepter plus facilement la négociation que celles détenant une importante clientèle de particuliers, comme Crédit Agricole, La Banque Postale ou la Caisse d’Epargne. D’une manière générale, les banques ne donnent pas tout ce qu’elles peuvent, elles ont de la marge.

Comment les banques peuvent-elles compenser cette perte de revenus ?

En réalité, il est complexe pour les banques de quantifier l’impact de la baisse de la CIP. En outre, elles n’ont pas une vision globale de leurs coûts monétiques, c’est pourquoi il leur est difficile de compenser le manque à gagner. En conclusion, c’est aux sociétés concernées par la monétique de prendre l’initiative de la discussion avec le soutien éventuel de leur fédération. Le sujet représente des enjeux importants, y compris pour les entreprises qui réalisent moins de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et pour les petits commerçants.

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