L’avis de… Guillaume Cazauran, associé au sein du cabinet TnP Consultants*

« Les banques ne sont pas persuadées qu’être responsables leur sera bénéfique »

le 24/01/2013 L'AGEFI Hebdo

Où en sont les banques concernant la prise en compte de leurs responsabilités économique, sociale, environnementale... ?

Sur la responsabilité économique, de nombreuses banques ont réalisé un important travail, notamment sur l’investissement responsable et sur l’exclusion de certaines entreprises. Mais c’est probablement sur la responsabilité sociale (ressources humaines, égalité des sexes, diversité…) que les actions concrètes sont les plus nombreuses. Quant à la responsabilité environnementale, elle est sérieusement prise en compte, notamment dans le choix des fournisseurs.

Est-ce que le public perçoit ces efforts ?

Les sondages effectués sur notre site labanqueresponsable.com donnent des indicateurs intéressants : 65 % des votants voudraient voir les banques s’impliquer plus dans la responsabilité économique, ce qui reste l’essentiel de leur métier, tandis que responsabilités sociale et environnementale sont considérées comme moins prioritaires, alors que ce sont plus souvent des thèmes de communication pour les banques. 59 % se disent prêts à changer de banque si celle-ci investit dans des entreprises dont les activités sont contraires à leurs convictions. En revanche, 50 % ne sont pas prêts à en changer si leur établissement ne s’implique pas activement dans la lutte contre l’exclusion bancaire. En clair, la responsabilité ne pèse pas lourd face à une relation bancaire installée et révèle une forme d’incohérence chez les consommateurs. Néanmoins, elle peut influer sur le choix des jeunes ou des personnes qui n’ont pas encore de banque.

Quelles sont les banques qui peuvent se dire responsables aujourd’hui ?

Deux grands réseaux ont investi le domaine de la responsabilité. BNP Paribas, qui avait débuté avec Cetelem et le crédit responsable, communique sur ses multiples initiatives. Et La Banque Postale qui fait beaucoup de choses sans bruit, en particulier à destination de la clientèle modeste en raison de sa mission de service public : produits, tarification, relation client, partenariats associatifs… sont conçus dans un souci de responsabilité et d’utilité sociale. Globalement, les banques n’ont pas attendu d’y être obligées pour agir mais elles ne sont pas encore persuadées qu’être responsable leur sera bénéfique à long terme sur le plan commercial et dans leur compte d’exploitation.

*Editeur du site labanqueresponsable.com

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