L'avis de... Henri Assaf, directeur général de l’éditeur SAB

« Les banques n'envisagent que du 'cloud' privé »

le 12/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Quelle a été la principale caractéristique du projet que vous avez mené au sein du Crédit Municipal de Paris ?

Ce projet avait pour ambition un démarrage rapide. Il est entré en production en quarante-cinq jours, ce qui est un délai très court. Cela a été rendu possible par le choix du mode Saas (Software as a service, NDLR), mais aussi parce qu’il ne concernait qu’un périmètre limité aux produits d’épargne. Ce projet a été pris en main par notre filiale dédiée au Saas, SAB Services, créée il y a deux ans environ quand nous avons identifié le besoin de certaines banques d’avancer rapidement pour le lancement de nouveaux produits et services.

L’intérêt des banques pour le Saas n’est-il pas tempéré de réticences ?

Les banques se posent clairement la question de ce mode de distribution de logiciel à la demande. Les réticences sont moindres qu’il y a deux ou trois ans, mais elles demeurent fortes concernant la confidentialité des données. Et compte tenu de leurs contraintes réglementaires, les banques ne veulent envisager que du cloud privé, c’est-à-dire garantissant une isolation physique de leurs données sur des serveurs en propre, contrairement au cloud public où les données sont disséminées, certes sur des machines virtuelles dédiées mais rassemblées sur des serveurs logiques communs.

Pour quel types de services les banques sont-elles intéressées par le mode Saas ?

Nous parlons bien évidemment des banques de petite et moyenne taille dont les ressources sont limitées. Elles sont intéressées par tout ce qui concerne les moyens de paiement, notamment Sepa (Single Euro Payments Area) dont les spécifications changent régulièrement, et par certaines formes de crédit, comme les financements spécialisés qui représentent de gros encours avec peu de transactions. Il faut savoir que dans les grandes banques, ces financements spécialisés sont encore souvent traités manuellement.

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