Banques mobiles, un potentiel qui ne demande qu’à se concrétiser

le 18/07/2013 L'AGEFI Hebdo

Malgré une communication massive et les attentes fortes ainsi suscitées auprès du public, la révolution mobile bancaire se fait attendre.

Hello Bank reste assez peu avantageuse, Soon et le Compte Nickel ne sont pas encore prêts. Photo: PHB

Hello Bank, Soon, Compte Nickel : les nouvelles banques mobiles arrivent ! Leur promesse ? Simplicité, facilité, la banque autrement… A bien écouter les discours des « marketeurs », une révolution serait en cours. Au-delà d’une simple adaptation des services bancaires en ligne aux smartphones, la tendance est à la création de banques « nativement » mobiles. Entendons par là des services bancaires réellement utiles au quotidien, faciles d'accès et ergonomiques sur smartphone. Avec Hello Bank, BNP Paribas se veut la première banque mobile européenne (France, Belgique, Allemagne, Italie) qui dispose d’une offre complète comprenant la carte bancaire gratuite, le livret d’épargne, des assurances de dommages, l’assurance-vie, les prêts à la consommation, à l’habitat et la Bourse. Le tout agrémenté d’un module de finances personnelles, d’un fil d’infos permettant de suivre son activité bancaire et d’un lien vers le chat, Twitter ou Facebook. La présentation est soignée mais la simplicité d’usage reste à parfaire. Surtout, la tarification est présentée comme attractive. En réalité, les cartes bancaires sont gratuites sous condition d’alimentation minimale tandis que les autres produits bénéficient simplement d’offres promotionnelles de lancement. On est loin du low cost. Cela suffira-t-il à séduire 500.000 clients d’ici à 2017, objectif que s’est fixé la banque pour la France ? « C’est un outil de conquête, a souligné Marie-Claire Capobianco, directrice des réseaux de BNP Paribas. Nous disposons d’un réseau de petite taille avec 2.200 agences, ce qui limite notre part de marché à 7 millions de clients. Hello Bank devrait nous permettre de gagner entre 3 % et 5 % de la clientèle numérique qui ne représente encore que 3 millions de personnes aujourd’hui mais qui est en forte croissance depuis quelques mois. » Reste que l’offre actuelle n’apporte pas la révolution annoncée. Hello Bank est en outre très liée au réseau BNP Paribas pour les opérations complexes. Dommage…

Coup de pouce marketing

De son côté, à l’instar de son modèle américain Simple, Axa Banque poursuit son « teasing » sur Soon, l’application mobile bancaire qui devrait, elle aussi, révolutionner le concept… lorsqu’elle sera disponible. « Nous dévoilons quelque chose chaque semaine pour générer de l’intérêt et posons des questions pour susciter des réactions, explique Pierre Janin, directeur d’Axa Banque. C’est ensuite aux collaborateurs d’intégrer les retours des internautes dans Soon : tarification, couleurs, design… Faut-il prévoir un choix limité ou une personnalisation totale ? Nous avançons à partir de ces retours, des start-up avec lesquelles nous travaillons et d’une communauté de blogueurs débordant d’idées. Nous voulons faire de Soon un service bancaire pratique, utile et de bon conseil, c’est le 'nudge’ (coup de pouce) marketing. » On sait déjà que l’accès aux données bancaires se fera par une application de gestion de budget qui, au lieu du solde du compte, donnera le montant réellement disponible. Une fonctionnalité d’épargne par projet sera intégrée, de même que la possibilité de payer avec Paypal. A découvrir à la fin de l’année, donc.

Il en est de même pour le Compte Nickel, créé par la Financière des Paiements Electroniques, nouvel établissement de paiement qui lancera une offre de compte bancaire sans banque, ouvert en cinq minutes dans les bureaux de tabac grâce à un scanner mis à disposition des clients. Couplé à une carte Mastercard, il permettra de déposer et de retirer de l’argent chez les buralistes pour 20 euros par an, auxquels s’ajouteront les frais de retrait et de dépôt. La gestion du compte et les alertes se feront ensuite par web fixe, mobile ou par SMS. Il ne s’agit donc pas d’une banque mobile, les services étant limités. En revanche, cette gestion par téléphone mobile répond à une attente d’un service essentiel et pratique. Selon l’étude Digital Channels II (Exton Consulting/Efma*), 38 % des détenteurs de smartphones et 42 % des propriétaires de tablettes les utilisent pour se connecter à leur banque. En moyenne, les internautes consultent une fois tous les trois jours son site web fixe et 25 % se connectent tous les jours, les trois quarts du temps pour réaliser des opérations courantes. L’attente est là, reste à y répondre.

*Etude européenne réalisée auprès de 3.500 internautes dans 7 pays (décembre 2012).

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