L'avis de... Yoann Lhonneur, directeur associé chez Devlhon Consulting

Les banques indiennes ont une politique locale très offensive

le 20/02/2014 L'AGEFI Hebdo

On parle peu des banques indiennes ?

Les banques indiennes n’apparaissent pas dans les classements de capitalisation boursière car elles sont fortement sous-valorisées du fait de leur politique d’ouverture du capital et du faible développement des marchés financiers indiens. Ce sont pourtant des mastodontes. Selon le Devlhon 300, qui établit le palmarès en termes d’expansion des réseaux bancaires (ouverture d’agences), les établissements indiens figurent parmi les plus dynamiques, plus de 10 d’entre eux se plaçant dans le top 50 entre 2007 et 2012. State Bank of India par exemple domine régulièrement le haut du classement depuis 2010, avec plus de 1.000 ouvertures d’agences cette année-là. Les groupes bancaires suivent une politique d’expansion locale très offensive, en privilégiant les canaux alternatifs reposant sur des technologies innovantes. Ils se développent aussi dans la banque privée et sont relativement bien capitalisées. Mais les besoins en capital pourraient toutefois augmenter alors que le pays devrait commencer à appliquer les ratios de Bâle III à partir du 1eravril, avec comme objectif de les atteindre en 2018.

Elles restent toutefois timides à l’international ?

L’Etat est omniprésent dans le secteur. Il contraint notamment certains groupes à se concentrer sur le secteur rural. Leur expansion internationale est donc très limitée, que ce soit en termes d’implantations de filiales ou d’acquisitions. State of India à Paris n’a qu’une trentaine d’employés. Pour le moment, les banques qui s'internationalisent se concentrent sur les pays à forte implantation indienne, par exemple en Afrique de l’Est : le Kenya, l’Afrique du Sud ou Maurice. Elles sont également présentes en trade finance dans la sous-région pour accompagner le développement des échanges avec l’Asie et en transfert de fonds. Mais on n’observe pas encore de stratégie aussi marquée que celle d'ICBC, qui se développe pour soutenir l’internationalisation du renmimbi.

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