Banques françaises Situation sous contrôle

le 27/09/2012 L'AGEFI Hebdo

Les comptes des banques publiés un an après la crise de l'été 2011 témoignent d'une santé vigoureuse et du changement de modèle en cours.

Au pied de Société Générale à La Défense. Les banques françaises ont su tourner la page de la crise.

Graphiques et commentaires dans le PDF joint.

Après avoir fait tanguer les banques françaises, la crise de l’été 2011 est derrière elles. En pleine tourmente de la zone euro, le retrait des fonds monétaires américains avait pourtant réclamé un ajustement de grande ampleur, car ces liquidités courtes en dollars finançaient des actifs détenus à moyen et long terme. Virage réussi, si l’on compare les comptes des banques juste avant la crise, au 30 juin 2011 et un an après, au 30 juin 2012 : les grands acteurs français ont non seulement la situation sous contrôle mais affichent des ratios améliorés. Les risques souverains d’Europe périphérique ont été fortement diminués, même si l’Italie et l’Espagne restent des sujets.

Sur le front de la liquidité, la dépendance aux financements dollars a été réduite avec des mesures de fond, d’autant mieux que les banques traitaient en parallèle les exigences de Bâle III. Du coup, l’ensemble des financements a été allongé, à grand renfort d’émissions obligataires. Les objectifs des banques françaises en ressources à moyen et long terme sont pour l’heure atteints, voire dépassés, et la liquidité à court terme renforcée. Les réductions d’activité ont été conduites sans attendre pour celles en dollars, comme le financement pétrolier, le

shipping, les projets… De même, « les financements aéronautiques peuvent constituer une zone d’arbitrage où seules les opérations stratégiques sont conservées », évoque aussi Emmanuel Dooseman, associé chez Mazars.

Des coupes sélectives

Pour l’essentiel, des réductions d’actifs sont venues servir à la fois des objectifs de refinancement et de solvabilité, et par conséquent les engagements à long terme. « Ceux octroyés aux collectivités locales ou aux infrastructures, notamment, sont durement touchés par la mise en place de Bâle III et restent sous pression, poursuit Emmanuel Dooseman. Rares ont toutefois été les cas où une activité de financement a été purement et simplement arrêtée. » De fait, les coupes dans les activités sont très sélectives. « Les réductions d’activité ont concerné surtout les BFI (banques de financement et d’investissement) et dans une moindre mesure les SFS (services financiers spécialisés), mais les franchises n’ont pas été abîmées », résume François Monéger, analyste chez Standard & Poor’s. De fait, le modèle originate-to-distribute a permis de limiter les désengagements auprès des clients. « Si les résultats des BFI ont relativement bien résisté, la profitabilité d’ensemble se situe tout de même en retrait, note-t-il. Toutefois, la rentabilité s’est moins détériorée que la solvabilité n’a progressé, et l’évolution est, à nos yeux, globalement favorable. »

L’inconnue des marchés continue toutefois de peser sur les perspectives. « La situation reste fragile et ne permet pas de conclure à un rétablissement définitif, estime Elisabeth Grandin, analyste crédit. L’action de la Banque centrale européenne pour stabiliser les marchés reste fondamentale. »

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