L'avis de.. Philippe Espinasse, consultant indépendant et ancien banquier à Hong Kong*

« Les banques françaises ont des stratégies de niche »

le 01/03/2012 L'AGEFI Hebdo

Quelle est la place des banques françaises sur les marchés de capitaux asiatiques ?

Leurs dispositifs étaient plus importants par le passé, lorsque la concurrence locale et internationale était moins forte. La crise asiatique de 1998 les avait déjà conduites à réduire la voilure. Aujourd’hui, les banques françaises sont plutôt présentes sur des stratégies de niche. BNP Paribas a la plus grosse couverture, notamment grâce à l’héritage du broker Peregrine, mais son dispositif est plus particulièrement étoffé dans la Grande Chine (Chine continentale, Hong Kong et Taïwan) et les midcaps. A travers CLSA, Crédit Agricole est très présent dans le courtage et la recherche actions, mais peu sur les marchés primaires. Citics, le courtier chinois qui a pris 19,9 % de CLSA (une transaction qui doit encore être approuvée par les régulateurs, NDLR), ne l’a pas fait participer en tant que teneur de livre à sa récente introduction en Bourse à Hong Kong, préférant recourir à des banques chinoises. Quant à Société Générale, elle a quitté le cash equity depuis longtemps mais reste sur les dérivés. Michel Péretié (le patron de la banque de financement et d’investissement - BFI - débarqué fin 2011, NDLR) semblait avoir des ambitions plus fortes mais n’a pu les concrétiser.

Les autres banques sont-elles plus offensives ?

Toutes ont subi la crise, donc licencié, y compris les banques locales. Chaque pays compte en effet une ou deux banques d’envergure régionale comme DBS à Singapour ou CIMB en Malaisie. Certaines ont dû réduire leurs effectifs, à l’instar du coréen Samsung Securities, des japonais Mizuho et Daiwa ou encore de l’australien Macquarie, qui vient de supprimer 10 % de ses équipes en BFI. De leur côté, les bulge brackets (les teneurs de marché tels Goldman Sachs ou Morgan Stanley, NDLR) continuent à pratiquer des raids annuels consistant à investir ou à se retirer entre deux reportings trimestriels, en fonction des résultats.

*Auteur de « IPO: A Global Guide », Hong Kong University Press, 2011

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