Les banques françaises dans le collimateur

le 25/08/2011 L'AGEFI Hebdo

Plus que toutes, les banques françaises sont sanctionnées en Bourse. Surtout depuis le 10 août, ce « mercredi noir » nourri de fausses rumeurs. Pourquoi ? Depuis des semaines, le risque souverain pèse sur leurs cours, les mesures annoncées le 21 juillet ayant été rattrapées par la question de la dette en Italie. Or leurs engagements dans cette économie représentent près de la moitié du total des banques européennes (392,6 milliards de dollars fin 2010, selon la Banque des règlements internationaux, contre 57 milliards en Grèce). En outre, l’économie n’est pas florissante. Toutefois, « 

la situation françaiseau deuxième trimestre est du même acabit que celle de l’Allemagne. Or les banques allemandes n’ont pas été autant attaquées, remarque Christophe Nijdam, analyste d’Alpha Value. Le traitement réservé aux françaises est à chercher du côté des Sicav monétaires américaines ». Ces dernières pèsent 1.570 milliards de dollars au 30 juin, selon Fitch Ratings, pour une moitié en bons du Trésor américain à court terme et pour l’autre en instruments monétaires émis par les banques européennes. « Sur cette part, les françaises arrivent en tête avec 235 milliards de dollars, souligne cet ancien directeur général d’une banque française aux Etats-Unis. Sous pression, les Sicav monétaires américaines ont allégé leur exposition aux banques de la zone euro qu’elles comprennent mal. Les françaises ont donc été les premières à en pâtir. Dans une situation de marché tendue, cela a alimenté les rumeurs les plus extravagantes et infondées. »Alors que les groupes français ont réussi les tests de résistance et publié des semestriels qui confirment « leur solidité dans un environnement économique difficile », selon le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, cela révèle une structure de refinancement difficile à tenir face aux prochaines exigences de Bâle III. « Les études d’impact quantitatif publiées par le Comité de Bâle fin 2010 montraient un ratio de liquidité court terme de 83 % pour le groupe un* des banques mondiales et de 67 % pour les européennes lorsque 100 % sont attendus d’ici à 2015, explique Christophe Nijdam. Pour les françaises, il serait de 50 %. Non officiel, ce chiffre n’a jamais été démenti. » Leur modèle de banque universelle, avec des activités de banque de financement et d’investissement (BFI) importantes et des actifs principalement en dollars, les distingue en outre de la plupart de leurs homologues en zone euro. Dès lors, le cumul des crises économique et de dette souveraine les fragiliserait dans leurs activités de réseau comme dans la BFI. De quoi entamer des résultats sur lesquels elles comptent tant pour améliorer leur solvabilité.

*Les principaux établissements internationaux

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