L'avis de... Fabrice Asvazadourian, coresponsable mondial services financiers chez Roland Berger

« Les banques devront privilégier un modèle origination-distribution »

le 05/01/2012 L'AGEFI Hebdo

Propos recueillis par Amélie Laurin

Quel est l’impact de la crise sur le modèle des banques européennes ?

Jusqu’à présent, elles se préparaient à une évolution progressive sous Bâle III en privilégiant les métiers les plus relationnels (banque de détail et commerciale par exemple) ou peu consommateurs de fonds propres (banque privée), et en annonçant une diminution relative du poids des métiers plus transactionnels dans l’allocation des fonds propres (crédit à la consommation et leasing). Elles doivent maintenant se transformer et reconstruire leur rentabilité.

De quelle manière ?

Le RoE (rendement des fonds propres, NDLR) moyen des banques a chuté car le doublement des fonds propres ne s’est pas accompagné d’un doublement des résultats. L’application complète de Bâle III entraînera une baisse supplémentaire. Il faut donc trouver plus de rentabilité. C’est possible en mettant en œuvre quatre priorités : optimiser techniquement le profil de son bilan en fonction des nouvelles règles (ratios de liquidité, actifs pondérés du risque…), développer le refinancement autonome des métiers (dépôts, obligations sécurisées…), réduire structurellement les coûts et réinventer le modèle économique des métiers.

Les banques de la zone euro peuvent-elles rester mondiales ?

Elles vont se recentrer sur cette zone pour assurer leur survie en cas de crise de liquidité. Pour rester championnes mondiales dans certaines activités de financement, elles devront privilégier un modèle origination-distribution en trouvant des investisseurs long terme, en dollars notamment. Elles peuvent aussi créer des coentreprises avec des banques locales qui ont un bon profil de liquidité (par exemple dans les pays nordiques ou émergents), et leur apporter leur savoir-faire en crédit à la consommation ou en financements structurés.

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