La banque transactionnelle pour satisfaire entreprises et réglementation

le 18/10/2012 L'AGEFI Hebdo

BNP Paribas fait sien le concept. Comme Société Générale, le groupe cherche à étendre à l’Asie une offre harmonisée.

Illustration: Patrice Alby/Agefi

Deutsche Bank, Credit Suisse, HSBC, UniCredit ou Société Générale : BNP Paribas n’est pas le seul groupe à développer des services de banque transactionnelle. Mais il peut se féliciter d’avoir gagné 3.560 clients depuis le lancement en 2010 de « one bank for corporates in Europe », une solution de continuité bancaire pour les entreprises de taille moyenne (PME) et intermédiaire (ETI) internationalisées. La capacité d’un établissement à renforcer sa présence sur des métiers qui apportent de la liquidité, ou à pouvoir accompagner les entreprises sur le marché obligataire par exemple, en mobilisant les expertises tant de sa banque de détail que de sa BFI (financement et investissement) devient un atout en perspective de Bâle III.

Gestion de trésorerie

L’offre de BNP Paribas repose sur 138 centres et 1.700 chargés d'affaires dans 24 pays. On y retrouve notamment 30 business centers de Fortis Merchant Banking (dans 16 pays) rattachés fin 2009 à la BFI du groupe via CTBE (Corporate and Transaction Banking Europe), ainsi que ceux de BNP Paribas sur ses principaux marchés de banque de détail (France, Belgique, Luxembourg, Italie). Depuis un point d’entrée unique pour l’entreprise, CTBE propose des services de BFI, notamment en fixed income pour la couverture des risques liés aux taux d’intérêt et au change, ainsi que des métiers spécialisés. Pierre angulaire de la stratégie du groupe pour devenir « la banque des entreprises en Europe », ce métier travaille avec des centres de compétence dédiés à la gestion de trésorerie (cash management), l’import-export (trade finance) ou l’affacturage (factoring), soit des entités telles que Arval ou BNP Paribas Factor.

BNP Paribas Factor vient d’ailleurs d’absorber Fortis Commercial Finance France. Cette fusion « va nous permettre de conforter notre engagement dans l'économie réelle en France comme à l'international », explique Patrick de Villepin, PDG d’un ensemble qui pèse ainsi près de 31 milliards d'euros de chiffre d'affaires en France et 91 milliards dans 14 pays, dont 12 en Europe. Toutes les solutions n’ont pas, en effet, la même importance selon les pays.

« Le 'cash management' est très souvent associé à l’entrée en relation avec les entreprises allemandes », souligne François Villeroy de Galhau, directeur général délégué (DGD) de BNP Paribas (voir le graphique). Peu génératrice de marge, la gestion de trésorerie constitue en général une offre d'appels qui permet d'attirer les dépôts des PME et ETI et de proposer des services plus rémunérateurs. Ainsi, « nos revenus en entreprise progressent plus rapidement que les autres activités de détail », précise le DGD. Continuer à les développer hors de l’Hexagone devient essentiel alors que l'activité auprès des particuliers français stagne. Et BNP Paribas ne compte pas s’arrêter aux frontières de l’Europe.

L’objectif est d’« accompagner les entreprises européennes vers le reste du monde », indique François Villeroy de Galhau. Pour cela BNP Paribas dispose d’une présence aux Etats-Unis, avec Banc of the West, et dans dix autres pays d’Europe orientale ou méditerranéenne par le biais de réseaux (filiales ou participations). Dans quatorze pays d’Asie, il bénéficie en plus d’un coverage dédié et de six lignes de métiers, dont la banque transactionnelle (global transaction banking, GTB) qui regroupe 73 spécialistes en cash management et 40 en trade finance.

Chine et Inde

Face aux nouveaux enjeux, vecteurs de croissance, la division GTB de Société Générale, qui a intégré l’affacturage fin 2011, regarde dans la même direction. « Son développement est inscrit dans notre plan Ambition 2015 (de juin 2010, NDLR), rappelle Jean-François Sammarcelli, DGD du groupe. Nous voulons désormais pousser les feux en Asie, notamment en Chine et en Inde. Il est intéressant de noter, à cet égard, que les sociétés chinoises trouvent un intérêt certain à notre réseau en Afrique ».

Si elle vise davantage les grandes entreprises, Société Générale conçoit, comme BNP Paribas, le cash management domestique comme le socle de la relation clients et s’évertue à harmoniser son offre dans ses 83 sites. « Le financement du commerce international est sans doute la ligne de métier la plus mondiale, constate Jean-François Sammarcelli. Le 'cash management' quant à lui est proposé dans une cinquantaine de pays dans le monde. En revanche, l’affacturage reste très européen, avec une quinzaine d’implantations. Notre objectif est d’offrir dans chaque pays une offre GTB répondant aux besoins de nos clients entreprises multinationales. » Avec un intérêt partagé pour toute banque.

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