Bankia, symbole des déboires du système financier

le 08/11/2012 L'AGEFI Hebdo

Pour Miguel Angel Fernandez Ordoñez, ancien gouverneur de la Banque d’Espagne, rien ne pouvait être pire que la Caja del Mediterraneo, quatrième caisse d’épargne du pays, d'abord « repêchée » par le Fonds de garantie bancaire espagnol (Frob) puis mise aux enchères par l'Etat. Mais Bankia est en passe de prendre la relève. La décision de son sauvetage en mai avait accéléré l’annonce (en juin) d’un prêt européen de 100 milliards pour sauver le secteur. Pour la banque nationalisée, la bad bank (Sareb) est une aubaine puisqu’elle absorbera environ 50 milliards d’euros d’actifs pourris, décotés à 24,8 milliards d’euros, selon l’AFP. En échange, elle recevra des obligations publiques garanties par l’Etat qui permettront de faire baisser ses besoins de renflouement. Les importantes provisions qu’elle a effectuées sur les neuf premiers mois de l’année ont permis de justifier la somme de 23,5 milliards d’euros nécessaire à son sauvetage, selon un analyste. A elle seule, elle absorbe plus du tiers des besoins en capitaux pour l’ensemble du secteur. En septembre dernier, la banque, issue de l’union de sept caisses d’épargne espagnoles, avait reçu une aide de 4,5 milliards d’euros du Frob après avoir annoncé des pertes de 4,45 milliards d’euros au premier semestre.

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