Banco Santander remet cette année les compteurs à zéro

le 10/01/2013 L'AGEFI Hebdo

Le groupe espagnol a mis un coup d’accélérateur ces deux derniers mois pour tenir les promesses faites aux investisseurs.

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Emilio Botin, le président de Banco Santander, est déterminé « à commencer l’année 2013 en mettant les compteurs à zéro », souligne Nuria Alvarez, analyste chez Renta 4. Pour preuve, toute un série d’opérations et remaniements annoncés en décembre. Au Brésil, le géant espagnol licencie un millier de salariés, soit 2 % de ses effectifs. En Espagne, il annonce qu’à partir de mai 2013, sa filiale Banesto et sa division de banque privée Banif seront placées sous la même enseigne. Conséquence : la fermeture de 700 succursales, permettant d’économiser 420 millions d’euros dans trois ans, voire 3.000 suppressions d’emplois sur 18.000, selon la presse espagnole. En créant des synergies entre ces deux établissements, le groupe fera, selon Nuria Alvarez, des économies d’échelle en « ajustant les capacités et la productivité par employés ». Selon l’agence de notation Standard & Poor’s, cette opération aura peu d’impact sur le profil financier de Santander, mais devrait en effet « améliorer à long terme sa rentabilité ».

Santander scelle aussi une « alliance stratégique » avec la compagnie d’assurances néerlandaise Aegon qui lui rapportera 410 millions d’euros avant impôts. Dans la foulée, le groupe annonce la vente de son siège historique, situé en plein centre de la capitale ibérique, au groupe Villa Mir pour 215 millions d’euros, ce qui lui vaudra une plus-value brute de 85 millions, selon un communiqué du groupe.

Devancé sur son territoire

Déjà en 2007, Santander avait réalisé une opération similaire mais de plus grande envergure. Avec la vente de 44 immeubles en Espagne pour une valeur de 4 milliards d’euros, Santander avait dégagé un montant de 1,4 milliard d’euros. Une somme qui lui a servi à financer son OPA sur ABN Amro et sa propre cité financière dans une riche banlieue madrilène, pour la revendre ensuite et louer les locaux au nouveau propriétaire.

Selon Enrique Perez Hernandez, professeur d’économie à l’Institut d’études boursières de Madrid, les opérations réalisées ces deux derniers mois permettront au groupe « d’achever son assainissement à 100 % en 2013 ». A celles-ci s’ajoutent, selon le professeur, l’introduction en Bourse de sa filiale au Mexique cette année pour une valeur de 16,5 milliards d’euros ou l’accord de réassurance scellé avec la britannique Abbey Life, ainsi que les « paiements issus d’autres opérations étalés dans le temps » qui permettront au groupe de consolider son bilan sans perdre de vue ses ambitions. Car le processus de consolidation des banques espagnoles a fait perdre au géant sa place de numéro un en termes d’actifs en Espagne, désormais devancé par Caixabank et BBVA, souligne le professeur. Une position que Santander récupérera facilement selon lui, « grâce à un excellent core Tier one », mais qui, selon José Ignacio Attance, senior manager de Cumbria, « dépendra d’un hypothétique achat de Catalunya Banc ».

Lors de la réunion annuelle générale du 30 mars 2012, Emilio Botin avait promis trois choses à ses investisseurs : achever de provisionner tel que l’exige le gouvernement espagnol, renforcer son bilan avec 10 % de fonds propres, tout en maintenant un dividende de 0,60 euro par action. Déjà, lors de la présentation de ses résultats en octobre 2012, Santander annonçait avoir couvert 90 % des exigences de provisions du gouvernement espagnol, soit 14,5 milliards d’euros mis de côté pour couvrir les actifs toxiques et les créances douteuses. Le prix à payer : un bénéfice net en chute libre de 93 % au troisième trimestre. Il lui restait deux mois pour trouver les 10 % de provisions manquantes, soit 1,8 milliard d’euros. C’est chose faite.

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