Banca Popolare di Vicenza tisse les liens entre PME et international

le 13/12/2012 L'AGEFI Hebdo

La banque vénitienne multiplie les initiatives originales au service des petites et moyennes entreprises. Et leur ouvre des « comptoirs » dans les émergents.

Avec ses plantes exotiques et ses murs rouges ornés de pictogrammes dorés, le premier guichet bancaire chinois en Italie a belle allure. Inauguré le 7 décembre, cet espace consacré à la clientèle orientale est ouvert en fait depuis quelques mois au sein de la filiale de la Banca Popolare di Vicenza (BpVi) à Prato. Situé au centre de cette ville toscane qui accueille la troisième communauté chinoise d’Europe très active dans le textile et la mode, il est doté d’un personnel parlant couramment le mandarin.

« Nous avons déjà une clientèle chinoise, mais qui n’utilise pas tous nos services. Ce guichet nous a semblé la meilleure manière pour démarrer un parcours de collaboration avec cette communauté si active dans l’économie de Prato et pas seulement, explique le directeur général de la banque Samuele Sorato. D’une part, nous souhaitons mieux connaître leurs entreprises, d’autre part nous voulons abattre leur défiance et changer certaines de leurs habitudes de transactions, comme celle de travailler en utilisant surtout de l’argent liquide. » Ce projet est le dernier en date d’une longue liste d’initiatives inédites lancées par BpVi au service des petites entreprises italiennes.

Plus de prêts

Cette banque populaire, non cotée en Bourse, est née en 1866 à Vicence, en Vénétie, au cœur de la région du nord-est, locomotive économique de la péninsule. Neuvième groupe bancaire du pays avec 1,2 million de clients, elle est aujourd’hui présente dans 14 régions avec un total de 685 agences. Très attachée au territoire, elle a fait de l’aide aux PME son cheval de bataille, s’inscrivant totalement à contre-courant du système bancaire transalpin. « Nous sommes l’une des rares banques italiennes à avoir multiplié les prêts au lieu de les restreindre. Ils ont triplé en quatre ans par rapport à la moyenne du système bancaire », indique son directeur général. Entre décembre 2008 et juin 2012, les prêts accordés par BpVi ont augmenté de 8,7 % en moyenne par an, contre 2,8 % dans l’ensemble du secteur (voir le graphique).

« Les agences de notation nous ont dégradés. Nous avons été pénalisés pour avoir fait notre métier de banquier ! fustige Samuele Sorato. Paradoxalement, si au lieu d’aider l’économie locale, nous avions acheté des obligations d’Etat, nous aurions été mieux notés. » L’été dernier, Moody's et Standard & Poor's ont en effet abaissé la note de la banque à « BB+/Negative/B » en raison de l’aggravation de la récession et donc du risque de crédit. « Certes, nos créances en souffrance ont augmenté, reconnaît le banquier. Mais nous avons trouvé une solution pour ralentir cette tendance grâce à la création d’une 'task force' spécifique, chargée d’intervenir dès le premier signe de défaillance, tandis qu’auparavant, ces problèmes étaient du ressort de notre bureau juridique et émergeaient très tard, parfois trop tard. » Dans ce système, ce n’est plus le chef d’entreprise qui se déplace à l’agence pour expliquer ses difficultés, mais la banque qui va à sa rencontre dans ses locaux.

Des comptoirs en Asie

Sur le front international, BpVi est également très active, toujours dans le but de soutenir le développement des PME italiennes. « J’ai toujours soutenu les petites entreprises, qui constituent 90 % du tissu industriel du pays, martèle le président de la banque, Gianni Zonin, qui est aussi l’un des plus grands producteurs de vin de la péninsule. Avec la globalisation, nos PME sont considérées comme trop petites pour se promouvoir à l’international. » Pour les accompagner dans cette voie, la banque de Vicence a ouvert des bureaux de représentation à Sao Paulo, Hong Kong, Shanghai, New Delhi, Mumbai et New York, tandis qu’un autre est en phase d’ouverture à Moscou.

Banca Popolare di Vicenza ne prétend pas rivaliser avec les géants du système bancaire italien à coups d’acquisitions à l’étranger. Elle a trouvé la parade en signant des accords commerciaux avec les principales banques de ces pays : 51 au total, dont la Bank of China et la State Bank of India. « En Inde par exemple, nos clients ont la possibilité d’accéder aux 14.000 filiales de cette banque comme s’ils étaient à nos guichets », souligne Samuele Sorato. Afin de donner un coup de pouce à ses clients pour l’export, cette banque pas comme les autres a en outre mis en place un système inédit permettant d’anticiper auprès de ces banques locales des financements réservés aux importateurs de produits italiens. Les lignes de crédit mises à disposition s’élèvent au total à 350 millions d’euros. Pour certaines PME, c'est Noël.

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