Axa Private Equity s’apprête à prendre son envol

le 06/10/2011 L'AGEFI Hebdo

La société française, qui gère 28 milliards de dollars d’actifs à fin juin, susciterait l’appétit des plus grands acteurs du secteur du capital-investissement.

Changement d’époque pour Axa Private Equity (Axa PE). Après quinze années de développement dans le nid de sa maison mère, la filiale de capital-investissement du groupe Axa pourrait prochainement voler de ses propres ailes. La semaine dernière, l’assureur a confirmé « avoir initié une revue stratégique de sa participation », mandatant la banque Credit Suisse pour l’occasion. « Axa PE est arrivée à un point de son développement et c’est sans doute le bon moment pour voir comment est valorisée la société », estime une source proche du dossier. Si la démarche « peut aboutir ou non à une transaction », selon l’assureur, l’annonce a toutefois pris le marché de court. « Même si Axa PE n’est pas une activité phare du groupe, voire minoritaire, c’est un métier dans lequel les assureurs ont toujours été présents », observe Bertrand Michaud, analyste chez Louis Capital Markets.

Cette décision correspond pourtant à la volonté du groupe de se concentrer sur son cœur de métier : l’assurance et la gestion d’actifs. « Il n’y a pas de vache sacrée dans le groupe », avait d’ailleurs indiqué Henri de Castries, PDG d’Axa, lors de la présentation de son plan stratégique début juin. Un divorce serait d’autant moins douloureux qu’Axa PE est gérée de manière autonome et s’avère moins intégrée que d’autres structures au sein du modèle multi-experts d’Axa IM, pôle auquel elle est rattachée.

Quoi qu’il en soit, alors que les premières offres - qui pourraient valoriser la compagnie jusqu’à 400 millions d’euros - sont attendues début octobre, les spéculations vont bon train sur les éventuels repreneurs. Les fonds américains KKR et TPG, ainsi que le gérant BlackRock, seraient ainsi sur les rangs pour s’emparer de ce fleuron français du capital-investissement. Le fonds souverain de Singapour ou la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec, partenaire d’Axa PE depuis octobre 2009, auraient aussi les yeux de Chimène pour la société.

Toutefois, la direction actuelle d’Axa PE, menée par sa présidente Dominique Senequier, devrait jouer un rôle décisif à l’avenir, l’assureur ayant évoqué en interne sa volonté d’ouvrir le capital aux dirigeants. Surtout, « les clients sont très attachés à la direction en place, celle-ci ayant noué des relations très personnelles avec les contreparties », souligne une source proche du dossier.

Une audience internationale

Rien d’étonnant à ce que la société suscite autant la convoitise. Créée en 1996 avec une mise de départ de 23 millions d’euros, la compagnie a réussi en une dizaine d’années à s’imposer comme l’un des ténors du private equity en Europe. A fin juin, Axa PE gérait 28 milliards de dollars (20 milliards d’euros) d’actifs, comptait 164 entreprises en portefeuille et près de 250 collaborateurs. Depuis sa création, la société a développé une forte expertise dans le domaine des fonds de fonds secondaires (600 fonds en portefeuille à fin juin), comme l’illustre l’acquisition, fin août, d’un portefeuille de fonds valorisé 620 millions auprès de la banque allemande HSH Nordbank. Au cours des deux dernières années, Axa PE a mené à bien des acquisitions de portefeuilles pour un montant supérieur à 6 milliards, à l’image de la reprise en juin des fonds de Citigroup estimés à 1,7 milliard de dollars et ceux de Barclays d’une valeur de 740 millions.

Axa PE a surtout réussi à étendre son audience très au-delà des frontières françaises. Disposant de huit bureaux dans le monde, la société investit sur trois continents : l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. Mieux, 82 % de ses investisseurs sont désormais basés hors de France, dont 36 % en Amérique du Nord et 10 % en Asie-Océanie et au Moyen-Orient. Autant d’atouts qui devraient animer le bal des prétendants.

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