Axa donne une nouvelle chance aux « variable annuities » en France

le 03/11/2011 L'AGEFI Hebdo

L’assureur, qui a noué un accord de distribution avec HSBC France, joue la carte des partenariats pour élargir l’audience de ces produits encore confidentiels.

Axa n’y échappe pas. Comme l’ensemble du marché, son activité d’assurance-vie marque sérieusement le pas. A fin septembre, sa collecte nette au niveau mondial accuse un recul de 42,3 % à 4,5 milliards d’euros, contre 7,8 milliards un an plus tôt. Sur le seul marché français, la chute est plus brutale : les cotisations nettes ont chuté de 63 % à 800 millions d’euros, contre 2,2 milliards l’an dernier à la même époque.

Malgré cette morosité, la compagnie ne compte pas baisser les bras et mise désormais sur les variable annuities pour capter l’épargne des Français. Introduites en France par Axa en 2007, ces assurances-vie en unités de compte assorties de garanties lui ont déjà permis de collecter 1 milliard d’euros à travers agents généraux et commerciaux salariés. Depuis l’an dernier, Axa est passé à la vitesse supérieure en proposant ces produits, sous le nom de Secure Advantage, à des partenaires externes, en priorité banques privées et conseillers en gestion de patrimoine (CGP). Une mission dévolue à Axa Global Distributors, une entité créée fin 2009 et logée dans le giron d’Axa Life Europe, basée en Irlande. « En France et au Royaume-Uni, nous avons sept partenaires dans chacun de ces pays, explique Matthieu André, directeur général d’Axa Global Distributors. Nous travaillons également avec 400 à 500 CGP en France comme en Grande-Bretagne, en partenariat avec les entités Axa Wealth Management en France et au Royaume-Uni. »

Dans l’Hexagone, le groupe a ainsi séduit des partenaires de renom : LCL Banque Privée, Banque Privée 1818, Banque Palatine ou encore BNP Paribas Wealth Management. Un contingent auquel est venu s’ajouter HSBC France début septembre. « Aujourd’hui, un peu plus de 2.000 conseillers financiers peuvent distribuer notre contrat en France », précise Matthieu André. Il est pourtant difficile, à ce stade, de mesurer le succès d’une telle initiative. L’assureur se refuse en effet de communiquer le nombre de contrats commercialisés à travers ses partenaires, se contentant d’annoncer que les souscriptions ont été multipliées par quatre en un an. « Sur les premiers trimestres de l’année, nous avons une collecte qui est supérieure à celle de l’ensemble de l’année 2010, ajoute Matthieu André. A fin septembre, nous avions une croissance de 300 % par rapport à 2010, même si c’est une activité naissante. »

Ces produits ne sont pourtant pas sans risque. Axa l’a d’ailleurs appris à ses dépens lors de la crise post-Lehman Brothers, la volatilité des marchés ayant fait exploser le coût des garanties, pénalisant son résultat opérationnel de 600 millions d’euros. Malgré cette déconvenue, la compagnie reste convaincue du potentiel des variable annuities, qui représentent 130 milliards de dollars de chiffre d’affaires aux Etats-Unis et 40 milliards au Japon. « Sur les grands marchés, ils ont vocation à représenter entre 5 % et 10 % de la collecte en assurance-vie, estime Matthieu André. On n’y est pas encore mais il y a un potentiel car on sent une émulation. D’ici à 2015, ils pourraient représenter 10 % de la collecte de l’assurance-vie en France. »

Cap sur l’Espagne

L’assureur ne compte d’ailleurs pas se cantonner aux seuls marchés français et britannique. Depuis le début de l’année, Axa Global Distributors est parti à la conquête du marché espagnol, son partenariat avec BBVA en France devant l’aider à nouer son premier accord de distribution en terre ibérique. Pour l’heure, la réussite est pourtant loin d’être au rendez-vous en raison de la mauvaise passe que traverse le secteur bancaire espagnol. « Deux partenaires avaient donné leur accord mais ils ont aujourd’hui d’autres priorités, confesse Matthieu André. Le lancement aura lieu dans le courant du premier semestre 2012 plutôt qu’au second semestre 2011. » L’assureur n’entend pas s’arrêter en si bon chemin et espère bien pouvoir pousser ses pions dans d’autres zones géographiques. « Nous avons des discussions pour voir où il peut y avoir un marché et la faisabilité d’un tel projet, indique-t-il. Nous avons beaucoup d’appel du pied en Asie mais aussi en Europe. » Reste maintenant à transformer l’essai pour sortir les variable annuities de la confidentialité. 

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