Aviva cherche des alliés pour prendre une place croissante en France

le 10/03/2011 L'AGEFI Hebdo

L’assureur britannique souhaite se renforcer sur le marché français au cours des deux à trois prochaines années au travers de nouveaux partenariats.

La course n’est pas encore terminée », a souligné la direction d’Aviva devant ses investisseurs à l’occasion de ses résultats annuels. L’assureur britannique a donné plusieurs gages pour rassurer les marchés. Et montre encore des ambitions. Dans un paysage européen un peu flou, la position de la France devrait être renforcée : « Nous disposons de 55 accords de distribution sur le marché européen, a confié Igal Mayer, chapeautant depuis seulement cinq semaines les opérations européennes d’Aviva. Décrocher deux ou trois accords supplémentaires sur le marché français serait souhaitable. » De son côté, Andrew Moss, son directeur général, est également allé dans le sens d’un renforcement d’Aviva dans l’Hexagone où l’assureur revendique 2 % sur le marché de l’assurance dommages et 5 % en assurance-vie : « Nous aimerions aller plus loin en France au cours des deux à trois prochaines années mais le poids des banques dans ce pays rend cette tâche difficile », a-t-il expliqué. Aviva, qui dispose déjà d’un accord de partenariat avec l’Afer et d’un autre avec le Crédit du Nord, a indiqué qu’il était actuellement en pourparlers avec d’autres acteurs sans pour autant évoquer l’imminence d’une signature. L’assureur n’a pas non plus souhaité dévoiler des objectifs à moyen terme dans l’Hexagone, qui a généré en 2010 un recul de son bénéfice d’exploitation à la fois dans ses assurances dommages et en assurance-vie.

En attendant, ses résultats 2010 sont de bon augure. Son bénéfice d’exploitation aux normes IFRS, en hausse de 26 % sur une année, a battu les attentes des analystes tandis que sa rentabilité sur ses opérations d’assurance-vie et dommages s’est améliorée. L’assureur est également parvenu à renforcer son bilan, le déficit de son fonds de pension ayant été réduit à néant. La réorientation de l’ensemble des salariés au Royaume-Uni vers un fonds de pension à cotisations définies au détriment d’un fonds à prestations définies à compter du 1er avril prochain va permettre à l’assureur de réduire ses coûts de financement à hauteur de 50 millions de livres par an.

Perspectives positives

Des progrès restent cependant à accomplir : l’objectif de 12 % ou plus de rentabilité interne que la compagnie s’est fixé sur l’ensemble de ses opérations d’assurance-vie n’est pas encore atteint dans certains marchés européens ou encore en Asie-Pacifique où il plafonne à 11 %. Mais « les perspectives sont positives pour Aviva ; l’assureur ayant des cibles claires à délivrer et une stratégie, de notre point de vue, sensée et réaliste qui est celle de se concentrer sur les territoires où il est un acteur majeur ou a la possibilité de le devenir », écrit Barrie Cornes, analyste au sein de Panmure Gordon. En novembre dernier, le groupe avait entamé une revue stratégique de ses trente marchés en soulignant qu’il se focaliserait sur douze d’entre eux à la condition qu’ils remplissent des critères de rentabilité et de taille.

Des pays non centraux

Andrew Moss a souligné que le sort de 18 petits pays non centraux à la stratégie du groupe serait décidé au cours de cette année : Singapour, qui a donné de bons résultats, pourrait ainsi être réintégré parmi les pays à potentiel tandis que le sort de l’Indonésie reste encore en suspens. Plus généralement, Aviva a souligné son intention de se concentrer sur les marchés de grande taille sur lesquels ses positions sont les plus fortes, comme le Royaume-Uni et l’Europe, « premiers marchés de l’épargne au monde avec la plus importante croissance en valeur absolue des cinq prochaines années ». Si les opérations européennes ont dans leur ensemble enregistré une hausse du volume des primes sur une année à 1,953 milliard de livres (2009 : 1,883 milliard), le bénéfice opérationnel a en revanche reculé à 109 millions de livres, certains pays ayant subi de plein fouet la crise économique. Les opérations espagnoles et irlandaises de l’assureur ont ainsi enregistré des retraits respectifs de 13 % et 2 % sur les ventes en bancassurance et de 1 % et 14 % sur les ventes au détail.

Aviva a indiqué qu’il donnerait plus de détails sur sa nouvelle stratégie géographique au cours des six à douze prochains mois.

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